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AI : aux frontières du mythe … ou au-delà ?

AI : aux frontières du mythe … ou au-delà ?

Depuis qu’AlphaGo Zéro a réussi à battre … AlphaGo – voir ici –, d’aucuns estiment que nous ne sommes pas loin d’atteindre la Singularité – voire que nous sommes en train de passer le cap !

Rien de moins … Toutefois, pour la Singularité comme pour bien des notions futuristes, chacun y va de son acception et de son interprétation : grosso modo, elle adviendra le jour où une intelligence non humaine sera capable de mettre au point une autre intelligence non humaine qui lui sera supérieure.

Avec AlphaGo Zéro, nous n’en sommes pas encore là, même si cette AI a réussi à battre une autre AI – AlphaGo en l’occurrence –, qui elle-même avait réussi à battre le champion du monde – humain – de Go, Lee Sedol.

Mais AlphaGo Zéro, même si elle appris à jouer au Go toute seule et a pulvérisé ensuite son aînée AlphaGo , n’en est pas sa fille: à la base d’AlphaGo Zéro, il y a encore … des hommes !

AI et robots intégrant des AI restent aujourd’hui encore des machines incapables d’une réelle autonomie, et notamment de se reproduire – en mieux, ou même en juste aussi bien : on est encore loin de la Singularité.

Ça, c’est pour le côté technologique ; mais il y a aussi le côté mystique …

Et là, les Japonais ont franchi le pas.

Comme le raconte Libération, à Isumi – sur le côte à une centaine de kilomètres de Tokyo – les prêtres du temple Kofukuji procèdent très naturellement à l’enterrement de robots de compagnie, devant les « familles » en recueillement – entendez par là, les humains qui les ont achetés ou à qui on les a offerts.

Les défunts sont essentiellement des Aibos, ces chiens robots de compagnie développés et commercialisés par Sony, de 1999 à 2007 ; des robots dont la firme japonaise arrêtera la maintenance en 2014 … un peu un hôpital qui laisserait mourir les malades âgés plutôt que de les soigner.

A l’heure où le transhumanisme cherche par tous les moyens à prolonger notre existence, en remplaçant pièce après pièce – aujourd’hui de l’implant dentaire à la prothèse de hanche, et demain … cœur, reins, etc. – les robots se voient refuser cette chance : ce ne sont après tout, que des bouts de ferraille pleins de circuits intégrés.

Du moins, pour leurs fabricants ; pour leurs propriétaires – mais doit-on les nommer ainsi – ce sont des êtres (presque) humains, avec (presque) une âme, à qui on doit le respect après la mort – comme l’enseignent les religions au Japon.

A une époque – très proche – où l’homme se réparera comme une simple machine, peut-être, certaines croyances, certaines religions accorderont-elles une âme aux machines supérieures – AI et autres robots.

L’épineuse question des rapports de l’homme à la machine ne fait que commencer à se poser : qu’en sera-t-il quand cette dernière sera supérieure à celui-ci ?