L’ordinateur quantique, une clé pour demain ? (feat. The Flares)

L’ordinateur quantique, une clé pour demain ? (feat. The Flares)

Attention, avec ce post, on est un peu dans la hard science.

Début 2019, IBM a dévoilé le 1er ordinateur quantique commercial.

Mais c’est quoi au juste, un ordinateur quantique ?

Dixit Wikipedia c’est un calculateur qui, à la différence d’un ordinateur classique qui travaille sur des données binaires (codées sur des bits, valant 0 ou 1), est capable de  travailler sur des qubits dont l’état quantique peut posséder une infinité de valeurs.

Si vous n’êtes pas calé en mécanique quantique, vous êtes déja largué… comme nous !

Mais si vous voulez comprendre un peu mieux ce que l’ordinateur  quantique peut produire comme révolution(s), cette vidéo de l’excellent collectif The Flares vous éclairera sans doute.

 

Cela n’étonnera personne d’apprendre qu’outre IBM, Google, Intel et Atos sont sur les rangs… ni que, d‘après un rapport de 2005 de l’Union européenne, les États-Unis consacraient 75 millions d’euros à ces recherches contre 8 millions pour l’Europe (le Canada aurait dépensé à peu près à la même époque 12 millions d’euros par an, le Japon 25 millions et l’Australie 6 millions).

Pourtant, la France se rêve championne de l’ordinateur quantique.

Alors, après la guerre perdue du digital et celle un peu mal partie de l’IA, l’informatique quantique sera-t-elle notre nouvelle frontière ? Réponse d’ici 4 ou 5 ans…

L’IA pour décrypter les émotions

L’IA pour décrypter les émotions

 

L’analyse fiabilisée des émotions est un enjeu récurrent – et complexe – de l’e-reputation.

Première bonne nouvelle, l’IA apporte des réponses inédites.

Deuxième bonne nouvelle : l’un des nouveaux acteurs sur ces applications est français !

Entretien avec Grégoire Pfirsch, fondateur de Q°emotion

 

Grégoire, tu es le  fondateur de Q°emotion : en deux mots, c’est quoi, Q°emotion ?

 

Grégoire Pfirsch : La solution Q°emotion met l’Intelligence Artificielle au service de l’analyse des émotions ressenties par les clients, via une plateforme SaaS et des API.

La promesse de Q°emotion est double : accélérer la relation client et ré-enchanter l’expérience client.

Les algorithmes d’IA de Q°emotion analysent, classifient et priorisent tout type de messages clients écrits, grâce à la détection des émotions ressenties.

Par exemple si une entreprise reçoit beaucoup de messages ou d’avis clients (comme des emails, des reviews online ou des verbatim d’enquêtes) et qu’elle a besoin d’accélérer leur traitement, de les prioriser ou de détecter en priorité des situations à risques ou des opportunités commerciales : la solution Q°emotion est faite pour elle.

 

Jusqu’à présent, dans la relation unissant les socionautes aux marques, on s’est surtout intéressé aux « like » et autres « follow » ; aujourd’hui, on commence à s’intéresser à la qualité des contenus qui enrichissent cette relation…

Grégoire Pfirsch : De nos jours, les clients sont de plus en plus enclins à se diriger vers le web pour écrire ce qu’ils ressentent. Une mauvaise expérience ou une recommandation ne prend que quelques secondes pour être partagée avec une masse d’internautes. La force de ce moyen de communication est dans le partage massif.

L’aspect quantitatif a son importance indéniable sur ces sujets : nombre de « like » ou volume de followers.

Mais de plus en plus d’entreprises se montrent aujourd’hui également sensibles à l’aspect « qualitatif » des contenus partagés et commentés, notamment dans des logiques d’influenceurs ou d’ambassadeurs.

C’est pourquoi nous proposons aux marques de compléter la logique « quanti » par l’évaluation émotionnelle des contenus partagés ou commentés par les principaux acteurs de l’écosystème pour identifier les « influenceurs ou ambassadeurs émotionnels » : quels sont ceux qui promeuvent des contenus émotionnellement favorables ou défavorables à ma marque ?

 

 

L’analyse des émotions sur le Web date des débuts du Web 2.0 ; mais rapidement on s’est aperçu que la réalité des sentiments allait bien au-delà du comptage de quelques mots positifs ou négatifs : qu’est-ce qui a changé depuis ? Qu’est-ce qu’apporte notamment l’AI ?

Grégoire Pfirsch : Aujourd’hui, les puissances de calcul informatique (traitement automatique de gros volume de data) couplé à de l’Intelligence Artificielle (processus d’apprentissage automatique : machine learning) autorisent une analyse beaucoup plus experte et fiable de la linguistique (NLP – Natural Language Processing), et dans le cadre d’analyse émotionnelle, une meilleure détection des tonalités émotionnelles du langage.

Chez Q°emotion, nous mettons l’IA (Intelligence Artificielle) au service de la compréhension des émotions, pour plus d’empathie dans l’expérience et la relation client. Un exemple d’application est la détection de fortes émotions dans les avis clients d’une compagnie aérienne, pour détecter les facteurs d’enchantement ou de désenchantement, et pour prioriser l’urgence des recontacts sur des sujets critiques (sécurité, juridique, image, bad buzz…).

Nos algorithmes d’IA permettent de repérer dans les éléments de langages écrits les émotions extrêmes (colère, dégoût, surprise) et les niveaux d’intensité inhabituels pour faire émerger les messages prioritaires et anticiper les situations à risque potentiel : détection en temps réel de bad buzz ou de risque de churn/ d’attrition clients par exemple.

 

Reste malgré tout une forte proportion des internautes à manier litotes et ironie : « Super restaurant » peut tout aussi bien signifier « Horrible gargote » dans la bouche de certains …

Grégoire Pfirsch : Nous nous appuyons sur un dictionnaire multilingue du langage émotionnel de plusieurs dizaines de millions de mots et d’expressions indexés émotionnellement (ainsi que toute caractéristique du langage écrit: abréviation, argot, émoticônes, … ).

Ainsi les différentes figures de style utilisées vont aussi pouvoir être indexées dans notre base d’apprentissage; la syntaxe et le contexte dans lequel ces expressions sont employées permettent de confirmer ou d’inverser le sens émotionnel du propos: par exemple l’usage d’émoticônes permet souvent de détecter l’ironie.

Amazon : la croissance à tout prix

Amazon : la croissance à tout prix

Janvier 2018 : on apprend qu’Amazon UK vient de publier plusieurs annonces de recrutement de … « Senior Product Manager, EU Product Insurance » – tiens, le géant américain voudrait-il disrupter le métier de l’assurance ?

Mars 2018 : on apprend qu’Amazon « serait en discussions avec divers établissements comme JPMorgan Chase pour se lancer dans le secteur », selon Frenchweb – tiens, le géant américain voudrait-il disrupter le métier de banquier  ?

 

Finalement, c’est quoi le métier d’Amazon ?

Distributeur ? On serait tenté de le croire. Et il est même depuis 2016 le premier distributeur non alimentaire en France en termes de CA…

Sauf que son activité de loin la plus rentable, se situe dans le cloud avec Amazon Web Services qui dégage une marge opérationnelle de 25 %.

Mais Amazon est aussi un précurseur de l’IoT et de l’AI avec Alexa, et ce avec un réel succès puisque plusieurs millions de son assistant vocal se seraient vendus aux Etats Unis l’an passé, avant de bientôt débarquer en France ?

 

Ou simplement … disrupteur en chef de l’économie mondiale ?

L’activité de distributeur  d’Amazon restait déficitaire en 2016 hors Amérique du Nord… à un tel point qu’on peut se demander si son métier, ce n’est pas juste de disrupter non seulement les distributeurs traditionnels  (par des pratiques  entre dumping et vente à perte selon ses détracteurs…), mais aussi d’autres marchés.

Comme les autres GAFA, Amazon est assis sur un trésor de guerre fabuleux qu’il tire essentiellement de ses activités dans le cloud.

Mais alors que Apple et Google dépensent des sommes conséquentes dans la recherche, parfois même très visionnaire, quand la firme de la Silicon Valley s’intéresse au transhumanisme, et que Facebook bétonne sa domination sur le Web social,  Amazon semble en perpétuelle poussée de croissance tous azimuts.

Rachetant un jour un distributeur de produits biologiques, Whole Foods Market, bien ancrée dans le « brick and mortar »

Se lançant dans la vidéo à la demande avec Amazon Video…

Acquérant un jour une start-up fabriquant des sonnettes et des caméras de surveillance connectées…

Et quand Travis Kalanick,  CEO d’Uber, rêvait d’un immense parc de véhicules autonomes – finis ces damnés chauffeurs – Jeff Bezos lui investit dans des milliers de robots et vient de déposer « des brevets pour un bracelet permettant de détecter les mouvements des mains de ses employés » : pour mieux « les transformer en robots », s’inquiète La Croix.

Kalanick a sauté pour rassurer les marchés – mais Uber continue à perdre des sommes colossales… l’entreprise de Bezos gagne des milliards : il a les coudées plus franches.

 

Stop ! On peut résumer ?

Vente en ligne, magasins physiques avec Amazon Go, services Cloud, VOD, IOT, IA…. Il est loin le temps de la librairie en ligne…

Il y a quelque chose de fascinant à voir Amazon se déployer tous azimuts,… et à décrypter sa stratégie de diversification pas toujours lisible.

Cet article sur Causeur  apporte un éclairage intéressant : au-delà de devenir “l’Everything Store”, la vocation d’Amazon ne serait-elle pas simplement  de “numériser le réel et réaliser le numérique” , en mettant les clients de son côté, par la qualité de service portée par l’innovation ?

On peut le croire. Et les concurrents, qu’ils soient pure-players comme traditionnels, ont encore un peu de boulot pour faire aussi bien.

 

 

Facebook-TF1 : un même avenir ?

Facebook-TF1 : un même avenir ?

En quelques années, Facebook est un peu devenu au web mondial  ce qu’était TF1 au marché français dans les folles années 1990-2000 : un media massif et mainstream, avec une couverture d’audience incomparable toutes tranches d’âge confondues.

Et comme TF1, Facebook vieillit… rapidement !

Selon une étude du Pew Research Center, seuls 51% des ados de 13 à 17 ans l’utilisent, contre 85% pour YouTube…

Le vieillissement des audiences, avant les médias sociaux, c’était le cauchemar des supports traditionnels… et de TF1, justement. Ca l’est toujours d’ailleurs, car son audience vieillit très vite, et surtout plus vite que la moyenne du média dans son ensemble.

Mais Facebook n’a pas l’excuse d’un TF1 : les médias sociaux, contrairement à la télévision, ne vieillissent pas au rythme de la population en général. Si ils conquièrent de plus en plus de personnes âgées, de nouveaux concurrents s’en viennent régulièrement bousculer les anciens et séduire les plus jeunes.

Et c’est bien là, le problème de Facebook : les ados le délaissent ! Bien sûr, quand ils se tournent vers Instagram, détenu par… Facebook, ça reste acceptable. Mais quand il s’agit de Snapchat, c’est plus gênant … sauf à attendre que la startup continue de dévisser pour la racheter à vil prix – vil prix signifiant malgré tout une somme à 10 chiffres !

Le drame de Facebook n’est pas celui d’un TF1 : la cible perdue de la chaine, ce sont … les si fameuses ménagères de moins de 50 ans ! A la période faste du média, être jeune, c’était en effet être âgé de moins de 50 ans, si, si.

Mais, alors que la population française vieillit (un peu plus de 4 ans en un quart de siècle, ce qui explique l’apparente décrépitude du téléspectateur), le marketing et la communication n’ont d’yeux que pour les millenials : non seulement consommateurs et prescripteurs, mais aussi influenceurs potentiels…

Le « vrai » drame d’un Facebook qui, avec Google, truste la quasi-totalité des investissements publicitaires dans le numérique, serait donc son image à venir  :

  • auprès de l’industrie de l’achat d’espace, qui ne raffole pas trop des medias mainstream, dont la puissance ne sert pas longtemps le côté glamour,
  • auprès de ses utilisateurs eux-mêmes, attachés à une expérience gratifiante, ludique et évolutive, et loin des scandales à répétition en termes de privacy, tant qu’à faire…

Le vrai risque pour Facebook, ce n’est donc pas de voir son audience vieillir : rien à faire de ce côté-là.

Ce serait plutôt de commencer à penser lui-même comme un “vieux” (après à peine 15 ans d’existence…) : en pensant que sa puissance le protégera toujours (le fameux too  big to fail), en privilégiant la préservation des acquis (coucou, le Nasdaq), en oubliant de se réinventer, voire de s’auto-disrupter (ce qui serait pourtant bienvenu dans la période actuelle, post Cambridge Analytica et post RGPD…).

Facebook peut-il redevenir hype ? Le temps nous le dira… Tiens, voilà bien une expression de vieux 😉

 

YouTube & uberisation de la pub

YouTube & uberisation de la pub

L’ubérisation de la société ne touche pas que les chauffeurs de taxi ou les livreurs de repas : elle s’attaque aussi au monde magique de la publicité… par la grâce conjuguée des médias sociaux et de nouvelles agences spécialisées.

Dans le monde d’avant, quand un maroquinier voulait promouvoir son dernier sac à main par exemple, son agence de RP contactait les supports adéquats (Elle, Madame Figaro, etc.) tandis que son agence de communication y achetait de pleines pages de pub : bien sûr, rien ne garantissait les rédactionnels – déontologie oblige – mais pas toujours facile de refuser tout retour d’ascenseur à un bon client !

Aujourd’hui, ce même annonceur  peut rentrer en contact avec des Youtubeurs ou des Instagrameurs qui feront tout le job : créatif, rédactionnel… contre une (toute) petite contrepartie (goodies, invitations…) voire un peu de cash : plus simple – encore que … – plus tendance, plus efficace … pour l’instant !

« Vae victis » – les victimes étant les acteurs historiques de cet écosystème : médias et journalistes puisque nos nouveaux influenceurs cumulent les trois fonctions : ils posent, ils écrivent (tournent) et publient sur la chaine qu’ils ont créé… avec le petit supplément d’âme et la personnalité propre qui leur ont permis de développer leur audience.

On dit souvent qu’aucun média n’a disparu avec l’arrivée d’un nouveau : la télévision n’a pas « tué » la radio, ni Internet la télévision… elles leur ont juste croqué du temps passé et de parts d’audience, donc des revenus publicitaires !

C’est plus compliqué pour les supports : il suffit de se souvenir du nombre de quotidiens et de magazines passés à la trappe ces dernières années.

Car il est difficile de lutter contre les chiffres d’audience vertigineux d’un YouTube.

 

Chaque jour, plus d’un milliard d’heures de vidéo sont visionnées sur YouTube (plus de 114 000 ans).

 

Pas étonnant donc qu’en 2016, le web ait supplanté la télévision en termes d’investissements publicitaires : on en parlait ici.

Mais le marché publicitaire n’étant pas extensible, il y a aussi nécessairement des gagnants et des perdants… comme pour les VTC.

Les perdants se situent bien évidemment parmi les influenceurs de la « longue traine » : car comme pour les blogueurs des années 2000, on distingue une poignée de Youtubeurs et autres Instagrameurs à très forte audience (plusieurs millions, même en France..) et qui gagnent plutôt bien leur vie – et une foultitude d’autres au lectorat plus confidentiel, qui sont soumis aux règles changeantes de monétisation  des plateformes, ou aux petites solutions de crowdfunding comme Tipeee.

Autres perdants à – tout petit – moyen terme : les stars elles-mêmes qui n’auront pas su effectuer leur reconversion. Car ces influenceurs ne sont pas que des relais : ils sont eux aussi des produits… avec toute la durée de vie de ces produits !

Les marques aussi ont beaucoup à y perdre : les lectrices de Vogue ou Elle savaient distinguer la publicité du rédactionnel – plus crédible puisqu’indépendant ; les abonnées à une Youtubeuse ou à une Instagrameuse se montreront plus critiques, la confusion des genres étant connue : les influenceurs les plus courus seront-ils encore  des témoins impartiaux ou des tiers de confiance ? A leur audience (sévère et volontiers critique) d’en juger.

Pour autant, l’alternative aux medias traditionnels que sont des plateformes sociales de streaming n’est pas près de refluer : car YouTube (et son propriétaire Google) font des envieux, et non des moindres : Amazon et Facebook avec Watch sont sur les rangs.

Oui, c’est encore une bataille entre GAFAs qu’il faudra suivre.

Facebook : l’abime regarde aussi

Facebook : l’abime regarde aussi

La semaine dernière, Facebook a perdu 60 Mds de dollars de capitalisation boursière… et  redescendu au 8ème rang des capitalisations mondiales, derrière le chinois Tencent… Ca pique un peu !

On sait tous maintenant pourquoi et on ne reviendra pas ici sur l’histoire du piratage de plus de 50 millions de comptes par Cambridge Analytica.  Les médias se sont suffisamment délectés, car oui:  l’intrigue est digne d’un roman d’espionnage datant du temps de la « Guerre Froide ».

Pour massive que soit la fuite, elle n’est pourtant qu’un tout petit aperçu de ce qu’est aujourd’hui le web “monétisé”… autant dire le web tout court.

Tous les publicitaires, même les plus old-school,  le savent maintenant : ce sont les données qui font la valeur. Et sur le web, il existent bien des manières de capter ces données.

 

Facebook, un growth hacking inspiré

 

Facebook l’a compris vite, mais son coup d’éclat a été la création en février 2009 du bouton J’aime embeddable, vous savez celui que l’on voit à coté de chaque contenu sur quasiment tous les sites, et qui n’a d’autre effet que tirer un flux entre chacun des sites en question et le réseau au pouce bleu.

Oui, c’est bien de Growth Hacking érigé en stratégie d’entreprise que l’on parle….et  comme dans tout growth hacking qui se respecte, les hackés étaient au mieux inconscients, au pire complices…

Et ça a plutôt bien profité à Facebook, si l’on en croit l’inflexion de la courbe du nombre de ses utilisateurs depuis…

Facebook est ains passé du Growth Hacking « d’amorçage de la pompe » – légitime pour une startup qui n’a rien à perdre – à un Growth Hacking « d’expansion des flux » – nettement plus risqué, et qui consiste à ne plus pouvoir contrôler d’où proviennent les débordements qui l’alimentent.

 

Facebook : un scandale de plus… ou le scandale de trop ?

Facebook apparaît soudain extrêmement fragile parce que c’est tout ce qui a fait son succès – une pompe à données de socionautes – pourrait causer sa chute.

Mais, bon… Facebook n’en est pas à son 1er scandale. Pour se rafraichir la mémoire, il suffit de faire un tour sur cette page.  Et jusque-là, aucun d’eux n’a freiné longtemps sa croissance.

Mais cela offre à ses ennemis – qui sont très nombreux – une nouvelle occasion de le déstabiliser, voire même de rêver à creuser sa tombe.

Car les autorités européennes – pour n’évoquer qu’elles – n’aiment pas Facebook – et encore moins son Facebook cookie Datr .

Pour de multiples raisons, la 1ère – jamais officiellement exprimée – étant que les GAFA sont … américains, et que notre continent manque cruellement de ces nouveaux géants.

La  2nde étant que l’argent qu’ils gagnent en Europe ne profite pas beaucoup à l’Europe – exception faite de l’Irlande et du Luxembourg.

Alors la Commission Européenne – que l’on ne saurait qualifiée de repaire de gauchistes – tente par tous les moyens de limiter les dégâts … même si ces moyens demeurent très limités.

Premier contre-feu, le RGPD et autres règlements protégeant les données privées : nous n’en sommes qu’au début des escarmouches, et celà impliquera aussi les utilisateurs… Gagneront-ils en vigilance ?

Second contre-feu, la taxation sur le chiffre d’affaires en des mesures plus coercitives … mais aussi plus compliquées à mettre en œuvre : on commence à frapper au portefeuille, bien qu’encore parcimonieusement.

Le troisième contre-feu sera judiciaire : l’affaire Cambridge Analytica ouvre la boite de Pandore des « affaires » … ce que les financiers n’aiment pas.

 

Quand tu regardes l’abime, l’abime regarde aussi…

La citation de Nietzsche trouve ici un sens nouveau, car derrière les petites déconvenues de Facebook, c’est tout l’éco-système qui est concerné : GAFAs, annonceurs, medias, centrales d’achat, agences, start-ups…

Toutes vivent du maillage inimaginable qui fait voyager les données personnelles d’un site à une plateforme, et retour, pour financer un web où les contenus restent majoritairement gratuits.

Et un maillage, c”est forcément une passoire… Petite démo (ironique…) :

Le New York Times et Le New Yorker, qui furent les premiers à  dénoncer le scandale Cambridge Analytica,  utilisent évidemment des cookies : sur les 44 relevés sur le site du NYT, plus de la moitié d’entre eux sont à vocation publicitaire.

Quant au plus discret New Yorker, ce n’est pas mal, non plus (merci RedMorph pour cette édifiante datavisualisation) :

Inutile de préciser d’ailleurs que si vous cliquez sur les quelques liens dans cet article, vous vous exposerez à quelques dizaines de trackers utilisés par les sites des Echos, de l’Express, de ZD Net… 🙂

 

Et si on se posait la seule vraie question ?

Le RGPD va-t-il mettre au pas l’économie de l’internet mondialisé ? Très peu probable, quand l’Europe a un tel retard sur le web…

Facebook va-t-il mourir demain ?  Evidemment non, seules les autorités américaines pourraient vraiment le contrarier, et ce n’est pas leur intérêt se passer d’un fleuron mondial de l’économie numérique.

Les utilisateurs vont-ils bouleverser leurs usages pour mieux verrouiller leurs données ? Non… à moins qu’on leur permette d’être véritablement  parties prenantes du deal “gratuité contre datas”.

Data is money… et même le grand pubic est en passe de le comprendre.

Il ne serait donc pas illogique que la valeur des données personnelles qui sont le carburant de l’économie digitale soit partagée.

C’est la voie que le Think-Tank Génération Libre et son président Gaspard Koenig et des start-ups comme Yes Profile essaient d’éclairer.

Cette voie/voix-là est encore assez peu écoutée… mais c’est la seule capable de faire vraiment bouger les lignes, en préservant l’innovation et la création de valeur… pour tous.

C’est aussi peut-être la seule à même de sensibiliser les individus sur la valeur pas seulement économique mais aussi citoyenne et “politique” des données qu’ils produisent, et réduire ainsi les tentatives de manipulations.

On en reparlera, forcément…