Statistiques & futur du travail

Statistiques & futur du travail

On ne se méfiera jamais assez des chiffres, même lorsqu’ils proviennent d’instituts publics très sérieux comme l’Insee ou qu’ils sont publiés par des organismes tout aussi conséquents que l’Ocde.

Les Français sont des fainéants – du moins à en croire la rumeur publique : pourtant selon justement l’Ocde, un Français disposant d’un emploi travaille 1472 heures par an contre 1713 pour un Japonais … mais seulement 1363 pour un Allemand. Les plus besogneux sont les … Mexicains, avec 2252 heures annuelles !

Travailler moins garantit-il un taux d’emploi élevé : c’est vrai que celui-ci s’élève à 75,1% outre-Rhin – toujours selon l’Ocde – contre 64,6% en France … mais 75,5% au Japon : pas vraiment de recettes miracles !

L’Islande se classe parmi les très bons élèves en terme de taux d’emploi mais est aussi un des pays où on travaille le plus 1883 heures par an ; c’est aussi celui où le niveau d’études supérieures est le plus élevé (93% des 25-64 ans), assez loin devant la France (85%) et les Etats Unis (81,6%) : une telle avalanche de chiffres donne le tournis.

On pourrait aussi se pencher sur le taux d’emplois temporaires : 7,2% au Japon, 13,1% en Allemagne, 16,2% en France et 26,1% en Espagne.

Tous ces chiffres font le bonheur des … politiques qui en tirent toutes sortes de leçons pour expliquer la pertinence de leurs programmes et la stupidité de ceux de leurs adversaires ; et des journalistes, qui y vont de leurs commentaires et de leurs recettes miracles.

Or les leçons issues de l’étranger apparaissent difficiles à importer parce que justement elles proviennent … de l’étranger : la culture française ne ressemble pas plus à la japonaise qu’à l’américaine, voire même à … l’allemande, dont nous sommes pourtant géographiquement si proches. Quelques exemples …

Quand on prend le métro ou le train au Japon, on est frappé de la multitude d’employés qui se pressent pour nettoyer les rames, retourner les sièges dans les wagons, juste regarder que tout se passe bien aux barrières automatiques – d’où le taux d’emplois très élevé … qui n’a pas préservé la pays de la récession non plus !

En Corée, lors de la grande crise de 1997, alors que l’activité était au plus bas, non seulement les entreprises ne licenciaient pas à tour de bras, mais les salariés se rendaient tous les matins à l’heure à leur bureau où ils n’avaient pourtant rien à faire ; chez nous ils seraient descendus dans la rue pour dénoncer d’inévitables licenciements massifs …

Regarder ce qui se passe ailleurs n’est pas plus utile que d’essayer de corriger les « erreurs » du passé : cela permet de beaux discours, de belles promesses, mais mieux vaudrait-il comprendre, non pas pourquoi ça s’est passé comme ça hier, mais comment ça risque de se passer demain.

Regarder les aspirations des plus jeunes, leurs comportements ; arrêter de se dire que ceux qui arrivent sur le marché du travail présentent des comportements bizarres mais se demander comment mieux les intégrer ?

Construire le futur ne passe pas par une analyse approfondie de chiffres du passé – et dépassés – mais par la compréhension de ceux qui vont le construire, ce futur : de leurs modes de vie, de leurs aspirations, sans éternellement se référer à des normes obsolètes.

AI : des data lakes aux océans rouges.

AI : des data lakes aux océans rouges.

Qu’est-ce qu’une intelligence artificielle ?

La meilleure réponse, c’est Julien Lévy qui nous la donne dans cet interview sur le blog d’Adwise : « Ce ne sont que des algorithmes » ; et de préciser : « Le plus fascinant est que la machine produit des réponses intelligentes sans être intelligente ».

Il y a un aspect magique dans l’intelligence artificielle : un peu comme un super cerveau, capable de digérer tout et n’importe quoi pour restituer quelque-chose de pertinent et intelligible.

Moyennant quoi, on oublie de se poser la double question : un, de la qualité des données injectées dans la machine ; deux, des algorithmes mis en œuvre … et surtout de l’intelligence même de … ceux qui les ont écrits.

On oublie qu’à côté de la machine, pour la faire tourner, il y a des hommes !

Il suffit de se confronter aux AI qui tournent aujourd’hui sur de nombreux sites et applis sous forme de bots censés répondre aux questions des internautes et autres mobinautes : pourquoi ça coince si souvent, dès que le problème posé devient un peu complexe ?

Peut-être parce que comme l’AI est la mode, qualifie-t-on d’AI n’importe quel agencement d’algorithmes mal ficelés – c’est juste une métaphore …

Surtout, on devrait se poser un peu plus souvent la question de ce avec quoi on nourrit la machine ; une autre métaphore : quand on remplit un fourneau de bois pourri, on obtient beaucoup de fumée, mais rarement une bonne chaleur.

L’erreur est de croire que la machine sera capable de créer de la valeur avec tout et n’importe quoi et l’on oublie le vieil adage « garbage in – garbage out » : comment espérer obtenir des résultats réellement pertinents à partir de données qui ne le sont pas ?

« La machine apprend toute seul » : et de citer AlphaGo Zero, qui a battu AlphaGo qui a elle-même battu le champion du monde humain du jeu de go. Ce faisant, on oublie que les seules données sur lesquelles a travaillé la machine étaient des parties de go, certaines créées par elle-même.

En marketing, on est dans la « vraie vie », et les données peuvent provenir d’un peu partout : traces laissées sur le Web – partiellement car de nombreux internautes effacent les cookies ou naviguent en mode privé – ou géolocalisation de smartphones, discussions diverses avec un SAV, etc.

La machine va devoir gérer des « trous » et surtout des données aberrantes.

Quand il s’agit de conseiller en SAV ou en avant-vente un client, les AI les plus performantes – mais pas toutes, peu s’en faut ! – surmontent ces difficultés parce qu’on se situe dans un contexte clairement délimité … et en cas de problème, on peut toujours basculer sur un opérateur humain.

Quand il s’agit de la kyrielle de données enfouies au sein d’un data lake, ça se complique singulièrement : de la réponse à une demande spécifique, on passe à la gestion plus ou moins globale d’actions marketing, où la machine va prendre des décisions hors de tout réel contrôle – au début, on fera attention …

Les aberrations, l’AI va généralement les gommer pour rendre ses actions cohérentes : avec la puissance de tir mise en œuvre, les pertes seront négligeables – horrible métaphore !

Ce sont des centaines de machines qui à plus ou moins court terme vont agiter d’aussi nombreux lacs remplis de données souvent bien semblables puisque tout le monde va suivre les mêmes mobinautes et compléter ses données par celles que voudront bien leur vendre quelques brokers.

Les data lakes vont ainsi se déverser … dans les mêmes océans rouges – d’autant plus sûrement que l’on aura gommé les données « bizarres » qui elles seules auraient conduits aux océans bleus : dommage, car demain comme hier, c’est la différence qui créée la discriminance, donc la valeur de l’info…

Utopie ou dystopie : l’heure du choix

Utopie ou dystopie : l’heure du choix

En ce début d’année, les experts marketing rivalisent d’imagination pour révéler à leurs lecteurs leurs prévisions pour 2018.

2017 fut l’année de l’Intelligence Artificielle, 2018 sera celle d’applications plus concrètes comme les chatbots, la réalité augmentée mais aussi … les Fake News – et encore, nous ne parlons ici que celles concernant les marques !

Précision : ces prévisions ne sont pas les miennes, mais ont été juste glanées au détour de quelques blogs.

Et mis à part les Fake News, globalement les tendances présentées déclenchent plutôt l’enthousiasme … des experts qui les évoquent : on va pouvoir encore plus dialoguer avec ses clients … mais on ne se demande pas si ces derniers seront encore plus heureux de parler à des robots !

Quand on se penche sur les Google Trends, il y a un terme qui croit très significativement dans les recherches des Français : dystopie !

Dystopie ? « Fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur […] Utopie qui vire au cauchemar ».

Exemples : 1984 de George Orwell ; Fahrenheit 451 de Ray Bradbury ; Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley ; etc.

Dès que l’on se projette dans un futur pas trop lointain, le rêve vira en effet très rapidement au cauchemar dans des univers où de malheureux consommateurs ne peuvent plus rentrer chez eux parce qu’on leur a volé leur identité numérique et que leur portier électronique exige un mot de passe depuis longtemps oublié.

Où des Google Home et autres Amazon Alexa les « formatent » en leur imposant des produits, de la musique, des voyages, des spectacles mieux adaptés à leurs désirs qu’eux-mêmes n’auraient jamais pensé !

Où les autorités affichent leur portait sur d’immense écrans quand ils traversent en dehors des clous et n’ont pas encore payé leur amende … je m’égare, ce n’est pas de la fiction, c’est juste la vie quotidienne en Chine comme le raconte 20 minutes.

Doit-on établir un lien de causalité entre AI, bots, réalité virtuelle, mais aussi retargeting, spamming, etc. et cette vision dystopique qui s’amplifie ? Très certainement !

Un monde où algorithmes et moteurs de recherche connaissent mieux que vous vos désirs les plus secrets peut se révéler rapidement inquiétant ; GAFA, NATU – Netflix, Airbnb, Tesla, Uber –, sans oublier les BATX – Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi, les GAFA chinois –, construisent  le meilleur des mondes dont puissent rêver les consommateurs du monde entier.

Bienvenue Demain (feat. The Flares)

Bienvenue Demain (feat. The Flares)

C’est une tradition : chaque fin d’année apporte son lot de prédictions pour la suivante. Et comme souvent avec les prédictions, peu se réaliseront comme prévu, d’autres resteront anecdotiques, d”autres encore ne verront jamais le jour…

Il n’empêche, c’est toujours tentant de prédire l’avenir… mais c’est encore plus intéressant de l’éclairer et d’en donner quelques clés, précisément à l’heure où l’accélération technologique repousse sans cesse la frontière entre ce qui hier relevait de la science-fiction et ce qui constituera nos réalités de demain (ou d’après-demain, pour les moins impatients).

C’est ce que propose le collectif  The Flares via sa chaine YouTube : éclairer l’avenir que nous réservent l’IA, la réalité virtuelle, les biotechs… avec un prisme scientifique, éthique, philosophique voire métaphysique.

Ça vous  semble aride ? C’est pourtant passionnant, intelligent et même ludique,  un peu comme un Black Mirror non fictionnel.

Le sujet sur les usages du web social qui ouvre ce post est un bon exemple de la production de The Flares : pour tous les autres, c’est par là.

Belle fin d’année et vivement demain !

 

Touchez pas au grisbi/bitcoin !

Touchez pas au grisbi/bitcoin !

L’avantage avec le Bitcoin, ce ne sont pas les gains colossaux – et les pertes tout aussi détestables – que l’on peut réaliser en spéculant dessus ; non c’est que, et ce quelle que soit la période de l’année, il y a toujours quelque-chose à dire !

Déjà le concept même de monnaie virtuelle, de monnaie cryptographique, d’une monnaie échappant au contrôle des états : il y avait de quoi gloser, voire même fantasmer dans la mesure où personne ne comprenait vraiment de quoi il retournait.

Et puis, il avait la personnalité même de son créateur, le fameux Satoshi Nakamoto, que personne n’a jamais rencontré, et pour cause : personne ne sait qui se cache sous le pseudonyme … et même s’il y a quelqu’un : peut-être un groupuscule de geeks un peu fêlés ?

Ensuite il y a le storytelling autour du Bitcoin avec des histoires comme celle de James Howells, un Gallois en 2013 qui aurait jeté aux ordures un disque dur contenant 7 500 Bitcoins, soit l’équivalent de 9 millions de dollars !

En pleine période estivale, la monnaie s’est sensiblement valorisée, enregistrant un pic à plus de 4 000$ fin août – de quoi faire couler un peu d’encre électronique quand l’actualité est plutôt atone.

Et puis il y a eu tout au long de l’automne une poussée de folie spéculative avec un cours frôlant les 16 000$ à la mi-décembre – à rapprocher des 4 000$ de la fin août : du 400%, de quoi attirer tous les spéculateurs amateurs.

Catastrophe pour tous ceux qui ont décidé de se lancer dans la course aux bénéfices à la dernière heure : aujourd’hui, le Bitcoin est retombé sous les 12 000$… soit quand même une perte de 25% pour certains malchanceux.

Tout cela intervenant après notamment l’annonce du piratage de Youbit, une des principales plateformes d’échange sud-coréennes dont 17% des actifs auraient été dérobés, ouille !

Le Bitcoin a la réputation, comme toutes les monnaies reposant sur la technologie de la blockchain, d’être totalement intraficable : impossible pour des pirates d’en modifier le cours en s’attaquant au cœur du système … puisque justement, il n’y en a pas, toutes les transactions étant soigneusement recopiées sur une ribambelle d’ordinateurs.

Par contre, ce que les détenteurs de la monnaie virtuelle, c’est qu’il est relativement aisé pour de très bons hackers  de cambrioler quelques porte-monnaies électroniques… et comme il n’y a pas vraiment de gendarmes, les voleurs sont les rois.

Chaque jour s’écrivent de nouvelles transactions dans le grand livre du Bitcoin … et une nouvelle page dans son histoire : les marketers parleront de storytelling , et les anthropologues de mythes…

Comme celui du Père Noel : joyeuses fêtes à tous !

Vers une éthique de l’ubérisation (?)

Vers une éthique de l’ubérisation (?)

La nouvelle n’a pas fait la une de l’actualité, mais pourtant elle n’est pas neutre : « Ryanair se déclare prêt à accepter les syndicats de pilotes pour éviter des grèves ». Jusqu’à présent, c’était plutôt « Marche ou crève », ou du moins : « Bosse ou casse-toi », la compagnie ne faisant pas dans le social – le social, ça coûte trop cher.

Le social, ça coûte trop cher, c’était même la tendance en vogue depuis la montée en puissance d’Internet au début des années 2000 – et Ryanair, nouveau roi du low cost, avait initié le mouvement.

Mouvement repris quelques années plus tard par Uber et autres Deliveroo, pour qui les travailleurs ne sont que de simples variables d’ajustement ; et tandis que les nouveaux papes du marketing – ou les papes du nouveau marketing, au choix – s’extasiaient devant la qualité d’un service qui ringardisait les taxis parisiens, les « esclaves modernes » souffraient en silence – du moins, au début !

Les tenants d’un marketing plus responsable, plus éthiques, s’inquiétaient : alors que l’on s’accorde à dire qu’une entreprise se doit de respecter ses salariés, que dire de celles qui ne les engagent pas pour éviter d’avoir à les respecter ?

Bien sûr, le leitmotiv est : « Aujourd’hui, les travailleurs souhaitent conserver leur indépendance », donc plus de contrats de travail ; certes, mais de là à leur faire supporter tous les risques et toutes les charges dans des conditions qui ne leur permettent plus de vivre dignement …

Ryanair s’est toujours montré précurseur : les clients veulent payer moins cher ? Ils n’ont qu’à se lever plus tôt, bien plus tôt, et se rendre dans des aéroports vraiment très éloignés des grandes villes.

Quant au personnel de bord, il va se transformer en hôtesses et stewards, mais aussi en bistrotier et en femme de ménage – ou en bistrotière et homme de ménage …

Que Ryanair accepte les syndicats de pilotes – le personnel naviguant commercial attendra – montre que la fête est peut-être finie. Que les employeurs des compagnies low cost vont devoir se montrer moins abrupts vis-à-vis de leur personnel … en un mot, devenir responsables.

On attend désormais avec impatience que les nouveaux dirigeants d’Uber affichent des positions différentes de celle de Travis Kalanick à l’encontre de leurs chauffeurs et commence à se montrer plus responsables.

Fini le Far West : l’avenir des plateforme de travail passe par plus d’éthique.

Hacker pour doubler le nombre de prospects

Hacker pour doubler le nombre de prospects

Frédéric Canevet  vient de publier : Le Growth Hacking, sous-titré : 8 semaines pour doubler le nombre de vos prospects. Rencontre avec l’auteur.

Nexize : Tu viens de publier un nouveau livre sur le Growth Hacking … or, il y a quasiment de définitions du Growth Hacking que de Growth Hackers : c’est quoi, la tienne ?

Frédéric Canevet : Tu as tout à fait raison : le Growth Hacking est plus un « concept » protéiforme que chacun adapte à sa sauce selon ses compétences.

Pour certains c’est « être plus malin que les autres » et détourner le système (quitte à faire des actions à la limité de la légalité), pour d’autres c’est automatiser les process…

Pour moi, la définition du Growth Hacking, c’est « l’efficacité maximale », c’est dire « Une méthode et des astuces pour croître plus rapidement, sans avoir de gros moyens, avec une culture orientée ROI et résultats rapides… quitte à oser remettre en cause les règles établies »

Il faut distinguer 2 éléments dans le Growth Hacking :

  • Growth = La méthode pour assurer une croissance à court et moyen terme, en optimisant ses ressources grâce au tunnel AARRR et à une rationnalisant ses choix. Le tunnel AARRR permet de modéliser le tunnel des ventes, avec les différentes phases de la vie d’un client.

  • Hacking = Les astuces et les outils pour croître plus vite que les autres, sachant que l’on peut automatiser, sous-traiter, remettre en cause les règles établies …

Souvent, les marketers débutants voient surtout la partie « hacking », car c’est celle qui fait rêver : utiliser des astuces pour « doper » sa croissance.

Mais sans structure, on fait des « coups » et on ne va pas assurer la croissance de son entreprise sur le long terme.

C’est pourquoi je distingue 3 types de Growth Hackers :

  • Le White Growth Hacker, comme Dick Fosbury qui ose remettre en cause les règles d’un marché.

  • Le Gray Growth Hacker, comme Greg Lemon, qui prend des risques et qui agit de manière rationnelle.

  • Le Black Hat Growth Hacker, comme Lance Amstrong, qui est hors la Loi, avec comme idée « Pas vu, pas pris », et qui mise tout sur le court terme.

Nexize : Le Growth Hacking, ce n’est pas un effet de mode lié à l’engouement des marketers pour les startups ?

Frédéric Canevet : Oui … et non !

Certaines startups ayant eu un succès fulgurant grâce à certaines techniques, qu’il est devenu « indispensable » pour toute startups d’avoir son « growth hacker ». Le Growth Hacker peut d’une part structurer les actions à mettre en place dans un environnement contrait (en temps, en argent…), et d’autre part lancer des actions pour amorcer la visibilité de l’entreprise, avant de mettre en place l’arsenal marketing classique.

Dans certains programmes de formation (ex : The Family), c’est d’ailleurs devenu une étape obligée.

En même temps, grâce à la mondialisation des marchés et des outils (ex : Facebook, Linkedin …), les outils de Growth Hacking sont devenus accessibles à tous.

Comme le Growth Hacking fait peur aux grandes entreprises, et fait rêver les petites, c’est devenu un peu la « formule magique » pour faire décoller un business.

Dans les grandes entreprises, c’est compliqué à mettre en œuvre car il y a une image à soigner, une peur du risque … en revanche dans les startups, comme c’est la « croissance ou la mort », le Growth Hacking reste indispensable.

Cependant, à moyen ou long terme, le Growth Hacking arrive à ses limites pour 3 raisons :

  • Les techniques de « Hacking » perdent de l’utilité dès que tout le monde les appliquent. Il y a donc toujours une course en avant.
  • Le « hacking » est de plus en plus encadré, en particulier avec le règlement RGPD sur la protection des données privées.
  • Les sites et plateformes se protègent de plus de en plus des hackers « amateurs », par exemple Linkedin, Twitter… qui cherchent à interdire l’utilisation des outils de Growth Hacking sur leurs plateformes.

Nexize : Le livre commence par parler « persona », une autre façon de parler des cibles, puis « USP » : cibles et USP, c’est du très très vieux marketing …

Frédéric Canevet : En effet le livre commence avec les « classiques » du marketing, car le livre débute par le « market fit », c’est-à-dire la validation de l’offre au marché.

On aura beau utiliser toutes les techniques de Growth Hacking, si le produit n’est pas adapté au marché, alors on va à l’échec.

Il faut donc partir de la « base », avec les techniques classiques de validation de son offre, avec par exemple « design  thinking», qui est la cocréation :

D’ailleurs, l’exemple du concept « design thinking », montre aussi que toutes ces techniques (dont le Growth Hacking), ne sont que du remarketing de techniques marketing anciennes.

On remet à la mode des concepts en leur donnant un nouveau nom !

Pour revenir au livre, les 8 semaines (= 8 chapitres) ont été conçus pour accompagner une entreprise de l’idée du produit à sa commercialisation. C’est pour cela qu’il y a des chapitres consacrés aux personas, à l’USP…

Cependant, pour eux qui ont déjà une activité (en ligne ou dans la vie de tous les jours), j’ai réalisé 4h de formation vidéo pour apprendre justement à optimiser le tunnel AARRR, en partant d’un audit, puis en sélectionnant les bonnes idées via la méthode ICE (c’est-à-dire choisir les idées en fonction de leur Impact (en termes de CA ou d’image) / Coût (tout compris, pas que l’achat) / Effort (à la fois l’envie et les problèmes techniques)

La démarche de Growth Hacking est alors la suivante :

Et ensuite on priorise ses idées en notant chaque option avec une note de 1 à 10 :


Nexize : Vous vous proposez de doubler le nombre des prospects … mais quid des ventes ?

Frédéric Canevet : Pour le livre, nous devions avoir un titre clair, et « Le Growth Hacking » était ce qui était le plus adapté.

Mais c’est vrai que la « promesse » (ou le slogan) devait donner envie aux acheteurs, en étant totalement compréhensible par tous (car les termes anglais, et encore plus le Growth Hacking, ne sont pas encore passés dans le grand public).

Restait à trouver une promesse à la fois sexy, et réaliste.

C’était une des interrogations lors de la création du livre : doit on parler de doubler les ventes ou doubler les prospects …

Le premier réflexe était de parler de prospects, car cela permet d’avoir une promesse intéressante, mais pas assez crédible à mon goût …

J’ai validé cette idée (comme le préconise le Growth Hacking !), via 100 € dépenses en publicité Facebook Ads sur une cible de Web Marketeurs.

J’ai ainsi validé de manière rationnelle le nom du livre, ce qui permet d’être sûr du meilleur nom pour une offre.

Nexize : Le 1er exemple de Growth Hacking, c’est Airbnb qui détourne les clients de Craigslist : c’est parfois un peu border line, le Growth Hacking …

Frédéric Canevet : Tout à fait, c’est le problème du Growth Hacking : trop de personnes l’associent à des techniques illégales (le hacking, c’est-à-dire détourner le système), et non pas à la mise en place d’un processus rationnel pour assurer la croissance de son entreprise (le Growth).

Et donc, la première étape pour la plupart des nouveaux fans du Growth Hacking, c’est d’automatiser des process, de spammer, de casser les codes …

C’est aussi une quasi obligation pour une startup qui n’a pas beaucoup de moyens : elle doit trouver vite ses premiers clients, ou mourir. Il faut donc faire différemment de tout se qui se fait actuellement.

La solution de facilité étant d’aller capter du trafic là où il est, c’est-à-dire sur les carrefours d’audience, ou d’aller séduire les clients des leaders sur marché qui se sont endormis sur leurs lauriers, ou embourbés dans de lourds process.

Mais rapidement, on arrivera à des limites si on ne mesure pas les résultats de ses actions. C’est pourquoi la mise en place du tunnel AARRR (et des autres tunnels de conversion) devient indispensable.

Un fois l’amorçage du business réalisé, les entreprises doivent alors mettre en place les techniques marketing classiques, et travailler leur branding, faire de la publicité payante, faire du content marketing … afin d’élargir leur audience.

C’est par exemple le cas d’Air BnB qui utilise les outils marketing corporate (affichage dans le métro, publicité…), tout en gardant l’esprit « growth hacking » en osant casser les codes et surtout mesurer tout.

Révolution digitale & fin des dinosaures

Révolution digitale & fin des dinosaures

Il est toujours de bon ton pour les acteurs de l’économie numérique de se gausser de tous les mastodontes du 20ème siècle qui peinent à suivre … ou ont sombré corps et âme : et le nom de Kodak revient sans au cœur des moqueries.

Parmi ces mastodontes, on identifiera quand même quelques joyaux … du numérique, comme AOL – qui ne se remettra jamais de son rapprochement raté avec Time Warner – ou Yahoo, racheté comme AOL par Verizon après avoir manqué le coche des moteurs de recherche.

Tout cela parce que sans cesse apparaissent des technologies de plus en plus prometteuses qui sans viennent bousculer les habitudes, ou en créer d’autres – technologies qui s’en vont sombrer à leur sous les coups de boutoirs de plus nouvelles technos … cercle sans fin !

Les appareils photos numériques ont signé la mort des analogiques … tout comme le téléphone mobile signera celle ses appareils numériques d’entrée de gamme ; les navigateurs GPS se sont imposés dans nos voitures, avant de céder la place à des smartphones équipés de GPS – et finie la rente qui consistait à vendre de nouvelles cartes tous les ans !

Joël de Rosnay se plait à qualifier nos smartphones de télécommandes universelles : pas perce qu’elles gèrent nos téléviseurs, comme nos vieilles « TV commandes » – mais parce qu’elles gèrent tout notre univers quotidien : un clic pour appeler un VTC, un autre pour commander un bouquet de fleurs … et nous voici prêts à nous rendre à un rendez-vous galant.

Toutefois nul ne saurait dire combien durera la suprématie du smartphone ; seule – quasi – certitude : le roi sera nécessairement détrôné à plus ou moins brève échéance – par quoi : mystère … à ce jour !

Autre certitude : il n’est plus de position établie dont l’autorité ne se verra remise en cause dans les années à venir, soit du fait de nouvelles percées technologiques comme pour le GPS ou les appareils photos numériques d’entrée de gamme ; soit du fait de mutations sociales liées à ces nouvelles technos : pas d’Airbnb ou d’Uber sans Web social et smartphones.

Après les hôteliers et les taxis, quelles seront les prochaines « victimes » du progrès ? Tous les secteurs sont potentiellement visés, mais certainement très prioritairement ceux qui apparaissent les plus « fossilisés » dans le petit monde des services …

Plus que les nouvelles lois régulant le marché du travail, les outils favorisant le travail à distance et la fluidité des échanges vont par exemple donner quelques coup de boutoir aux mastodontes de l’intérim dont la valeur ajoutée n’apparaît pas toujours évidente, côté employés surtout.

Alors que de plus en plus de jeunes Millennials misent sur les nouveaux outils numériques pour s’imaginer un monde, sinon vraiment meilleur, du moins totalement différent sur le plan de l’emploi, les Adecco et autres Manpower ont certainement bien du soucis à se faire.

Black Friday : un pas de côté

Black Friday : un pas de côté

Pour contrer le Black Friday, la Camif a simplement fermé son site pendant 24H, en ce sens fidèle à sa démarche responsable : « Nous sommes sur le Titanic : on va dans le mur, mais on continue de faire la fête », critique Emery Jacquillard, son président.

A l’heure où l’Académie se refuse à reconnaître le rôle négatif qu’elle a joué en instituant la prédominance du masculin sur le féminin dans la langue française, saluons l’initiative des femmes du collectif WHAT – Women Hackers Action Tank – qui ont récemment organisé hackforwomen, un hackathon pour promouvoir l’entreprenariat au féminin .

Autant de projets, de décisions – certes limités en envergure – pour changer le monde au sein duquel nous vivons, émanant de gens de terrain : fini le temps des grands discours et des réflexions au plus haut sommet de la hiérarchie ou de l’état : depuis quelques années, de plus en plus de citoyens reprennent leur destinée – et celle de notre société – en main.

Depuis en fait l’avènement de ce que l’on appelait au début des années 2000, le Web 2.0, renommé aujourd’hui social, où les gens ont commencé à dialoguer sur la toile, librement, en s’affranchissement de toute contrainte et de toute forme de hiérarchie.

Ce qui constitua pour beaucoup d’entre nous une sacrée révolution est juste … normal pour la nouvelle génération : tout ce qui constituait l’ossature de notre société n’apparaît plus si nécessaire ; le choix ne s’impose plus entre emploi salarié et plan de carrière ou création d’entreprise et renoncement à sa vie privée.

De plus en plus de jeunes – et de moins jeunes, même s’ils ont souvent plus de mal à sortir du moule – refusent de devoir arbitrer entre vie personnelle et emploi, projets ambitieux et tranquillité ronronnante : ils naviguent d’espaces de coworking en réunions virtuelles, de projets individuels à groupes de travail plus ou moins éphémères.

En termes d’organisation du travail, cela signifie de nouveaux rapports où les notions de dépendance et subordination n’existent plus vraiment, où les entreprises devront savoir séduire les meilleurs talents au bon moment pour accompagner un projet, et recommencer pour le dossier suivant.

En terme de marketing, sortir des sentiers battus, c’est juste se montrer capable d’affirmer sa différence, mais aussi sa fidélité à ses idées et à une certaine clientèle ; et dans le cas du Vendredi Noir, savoir renoncer à jour particulier pour conserver la confiance de ses clients les 364 autres jours de l’année, ne constitue pas un pari risqué.

Travail : l’obsolescence programmée

Travail : l’obsolescence programmée

Dans une récente chronique, une avocate, responsable juridique social d’un grand cabinet de recrutement spécialisé, détaillait les risques encourus par un salarié à trop surfer sur les médias sociaux pendant ses heures de travail, soulignant qu’une « connexion internet de longue durée à des fins non professionnelles peut aboutir à un licenciement pour faute grave » après avoir rappelé que « l’employeur est en droit de surveiller les connexions internet des salariés »

Juridiquement, la logique apparaît certes imparable et sans faille, mais sociologiquement, elle est juste … obsolète : si ce sont de loin les jeunes qui surfent sur les médias sociaux durant leurs heures de travail, il y a belle lurette qu’ils n’utilisent que leur mobile pour cet usage !

Force est de reconnaître que le droit social peine à s’adapter au 21ème siècle : si un nouveau monde se construit, nombreux dirigeants ne conservent comme repères que ceux hérités de l’ancien : le cas d’Uber constitue le plus bel exemple en la matière.

Notre société évolue vers un monde où non seulement le plein emploi ne constituera plus qu’un souvenir vintage et nostalgique – le revenu universel qui s’est invité dans la dernière campagne présidentiel est inéluctable, revenu dont le financement peut « une partie peut venir directement d’un certain type de taxe pour les robots », dixit … Bill Gates !

Mais aussi – et surtout – vers un monde où de nombreux travailleurs préféreront une certaine autonomie à la stabilité du statut d’employé : non seulement je fais ce que je veux quand je le veux, mais je n’ai de compte à rendre qu’à moi-même … et à mes clients, bien sûr. Mais c’est la fin de la subordination.

Souhaitant le beurre, l’argent du beurre, et même un peu plus, Uber espérait pouvoir conjuguer indépendance de ses chauffeurs – qui assumaient seuls, de l’achat de leur véhicule au paiement de leur couverture sociale – et directives patronales : obligation d’un certain style vestimentaire, tarif des courses, comportement, etc.

Plusieurs tribunaux ont soit requalifié les conducteurs en salariés (Californie), soit exigé le paiement de charges sociales (Royaume Uni).

Le monde du travail se déchire désormais entre ceux qui le regarde avec un regard complètement obsolète, et ceux qui veulent profiter des bouleversements actuels pour mieux pour s’affranchir de toutes lois, voire de toute éthique.

Pourtant, de même que l’économie collaborative a entraîné de profonds troubles tant dans l’économie traditionnelle qu’au niveau sociétal, avec des aspects très positifs – possibilité pour les consommateurs d’obtenir d’appréciables compléments de revenus – et d’autres plus négatifs – risques d’exclusions liés à la notation réciproque ; pareillement l’éclatement des entreprises en microstructures, voire en structures à géométries variables, va nous conduire à repenser le marché du travail

Avec certainement là aussi, des avantages et des inconvénients ; mais une chose est sûre : juger ce qu’il sera demain à l’aune des codes aujourd’hui constituera un grave erreur.

Des robots pas vraiment humains

Des robots pas vraiment humains

Il y a les robots de compagnie, aux formes humanoïdes, qui suscitent une certaine empathie comme l’incontournable Pepper ou Sophia, au physique inspiré d’Audrey Hepburn et à qui l’Arabie Saoudite vient d’accorder la nationalité – si, vous avez bien lu : l’Arabie Saoudite lui a accordé la nationalité, sans même l’obliger à porter le voile !

Et puis, il y a les robots invisibles, cachés dans de petits boitiers ou au creux de nos Smartphones, un peu comme le génie d’Aladin au fin de sa lampe : la liste commence sérieusement à s’allonger, de Google Home à Amazon Echo, en passant par Apple Homepod.

En d’autres termes, le robot intelligent de demain, c’est presque un être humain ou juste un pur esprit : on est loin des premiers robots de l’ère industrielle, postés le long des chaines des constructeurs automobiles.

Désolé de vous décevoir, mais quand on regarde les robots à inventaire déployés par Walmart dans ses magasins américains, rien de sexy : juste des espèces de caisses qui ressemblent à de grosses poubelles à papier de bureau !

On se sent soudain bien loin des univers de science fiction comme celui Asimov, et même du gentil R2-D2 de Star Wars : ici seule compte l’efficacité et le coût : plus simple de développer une caisse à savon sur roulettes qu’un super mannequin !

Car le but ici, c’est bien de gagner des sous : « Les robots sont 50% plus productifs que leurs homologues humains », déclarait récemment le directeur technique du distributeur à Reuters : des rayons plus rapidement réapprovisionnés, c’est des ventes en plus.

Nos magasins et bientôt nos rues vont se peupler de boites roulantes ou volantes qui effectueront toutes les tâches basiques jusque-là réservées à des humains sans grande compétence : imaginez les Champs Elysées demain, avec ses boutiques de luxe ainsi réapprovisionnées en flux tendu : glamour ?

Deux remarques.

Tout d’abord, force est de constater, sinon un effet de mode, du moins un effet d’entrainement : il y a eu la course à la délocalisation de services supports – Ah ! la comptabilité en Pologne ou en Roumanie – sans nécessairement de réelles économies à la clef ; aujourd’hui, c’est la course à la robotisation.

On supprime des emplois … juste pour supprimer des emplois.

Ensuite, les salariés mal payés de Walmart, mais aussi de tous les distributeurs américains, mais aussi de pas mal d’autres sociétés – ceux qui sont 50% moins productifs que les robots – pas sûr qu’ils retrouvent un jour un job : indépendamment du désastre social, l’équation qui pointe son nez, c’est : plus de robots = moins de consommation … donc moins de CA pour Walmart !

Jadis Ford augmentait ses ouvriers pour le transformer en clients : aujourd’hui, c’est le chemin inverse qui semble le plus suivi.

AI : aux frontières du mythe … ou au-delà ?

AI : aux frontières du mythe … ou au-delà ?

Depuis qu’AlphaGo Zéro a réussi à battre … AlphaGo – voir ici –, d’aucuns estiment que nous ne sommes pas loin d’atteindre la Singularité – voire que nous sommes en train de passer le cap !

Rien de moins … Toutefois, pour la Singularité comme pour bien des notions futuristes, chacun y va de son acception et de son interprétation : grosso modo, elle adviendra le jour où une intelligence non humaine sera capable de mettre au point une autre intelligence non humaine qui lui sera supérieure.

Avec AlphaGo Zéro, nous n’en sommes pas encore là, même si cette AI a réussi à battre une autre AI – AlphaGo en l’occurrence –, qui elle-même avait réussi à battre le champion du monde – humain – de Go, Lee Sedol.

Mais AlphaGo Zéro, même si elle appris à jouer au Go toute seule et a pulvérisé ensuite son aînée AlphaGo , n’en est pas sa fille: à la base d’AlphaGo Zéro, il y a encore … des hommes !

AI et robots intégrant des AI restent aujourd’hui encore des machines incapables d’une réelle autonomie, et notamment de se reproduire – en mieux, ou même en juste aussi bien : on est encore loin de la Singularité.

Ça, c’est pour le côté technologique ; mais il y a aussi le côté mystique …

Et là, les Japonais ont franchi le pas.

Comme le raconte Libération, à Isumi – sur le côte à une centaine de kilomètres de Tokyo – les prêtres du temple Kofukuji procèdent très naturellement à l’enterrement de robots de compagnie, devant les « familles » en recueillement – entendez par là, les humains qui les ont achetés ou à qui on les a offerts.

Les défunts sont essentiellement des Aibos, ces chiens robots de compagnie développés et commercialisés par Sony, de 1999 à 2007 ; des robots dont la firme japonaise arrêtera la maintenance en 2014 … un peu un hôpital qui laisserait mourir les malades âgés plutôt que de les soigner.

A l’heure où le transhumanisme cherche par tous les moyens à prolonger notre existence, en remplaçant pièce après pièce – aujourd’hui de l’implant dentaire à la prothèse de hanche, et demain … cœur, reins, etc. – les robots se voient refuser cette chance : ce ne sont après tout, que des bouts de ferraille pleins de circuits intégrés.

Du moins, pour leurs fabricants ; pour leurs propriétaires – mais doit-on les nommer ainsi – ce sont des êtres (presque) humains, avec (presque) une âme, à qui on doit le respect après la mort – comme l’enseignent les religions au Japon.

A une époque – très proche – où l’homme se réparera comme une simple machine, peut-être, certaines croyances, certaines religions accorderont-elles une âme aux machines supérieures – AI et autres robots.

L’épineuse question des rapports de l’homme à la machine ne fait que commencer à se poser : qu’en sera-t-il quand cette dernière sera supérieure à celui-ci ?