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Le retargeting à la mode Astérix

Le retargeting à la mode Astérix

Après Gravity, Critéo : face au danger des GAFA et autres TUNA (Tesla, Uber, Netflix, Airbnb – pas les thons rouges en voie de disparition), conjuguons nos forces ! Sauf que lorsqu’on parle de « petits », il s’agit ici de Lagardère, Condé Nast, NextRadio et autres Prisma pour Gravity, et des Galeries Lafayette, Darty ou la Fnac pour Critéo … pas des PME de province, donc.

Critéo, c’est le roi français du retargeting, cette solution qui consiste à pister les internautes pour afficher ensuite des publicités conformes à leurs centres d’intérêt : vous avez consulté la page d’un webmLe archand proposant des cafetières électriques, on vous bombarde de pubs pour des produits concurrents.

Ce que fait par ailleurs Amazon quand il vous suggère d’acheter le dernier Varga parce que vous venez d’acheter le dernier Brunetti – un commissaire bien de chez nous après un Vénitien.

Mais Amazon peut aller beaucoup plus loin, parce que disposant de bien papplus de données – dont notamment toutes celles des achats réalisés sur sa place de marché … ce que évidemment Critéo ne possède pas : c’est pourquoi, il continue à vous afficher des pubs de cafetières alors que ça fait huit jours que vous avez conclu sur un site quelconque, ou en magasin physique.

Les « petits » webmarchands souffrent d’autant plus qu’Amazon leur livre une guerre à mort, n’hésitant à perdre beaucoup d’argent dans le commerce en ligne pour assécher le marché parce qu’il en gagne encore plus dans le cloud – ce qui n’est pas le cas de ses concurrents.

Alors Critéo propose aux « petits » de se rallier à sa bannière, et de lui laisser analyser leurs données : ça, il sait faire, c’est même son cœur de métier – un cœur de métier qui va souffrir lui aussi des agissements d’Amazon. Par ailleurs, pour se développer, la licorne française ne peut rester cantonnée sur son core business, mais doit ajouter de nouvelles cordes à son arc.

« Notre vision est de construire l’écosystème du commerce marketing le plus performant et ouvert pour pouvoir connecter les consommateurs aux produits qu’ils désirent », déclarait récemment Eric Eichmann, son président.

Nul doute que la CNIL va devoir mettre son nez dans tout cela – et Bruxelles, RGPD oblige.

Le consommateur, lui, n’en a pas fini de se voir bombardé de publicité, de moins en moins sollicitée – même si dans les clous sur le plan de la RGPD – et de plus en plus intrusive …

Et de comprendre encore un peu plus que « si c’est gratuit, le produit, c’est lui » : enfin, tout est gratuit … sauf la cafetière qu’il désire et qu’il devra bien payer avec des euros bien à lui.