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Des robots pas vraiment humains

Des robots pas vraiment humains

Il y a les robots de compagnie, aux formes humanoïdes, qui suscitent une certaine empathie comme l’incontournable Pepper ou Sophia, au physique inspiré d’Audrey Hepburn et à qui l’Arabie Saoudite vient d’accorder la nationalité – si, vous avez bien lu : l’Arabie Saoudite lui a accordé la nationalité, sans même l’obliger à porter le voile !

Et puis, il y a les robots invisibles, cachés dans de petits boitiers ou au creux de nos Smartphones, un peu comme le génie d’Aladin au fin de sa lampe : la liste commence sérieusement à s’allonger, de Google Home à Amazon Echo, en passant par Apple Homepod.

En d’autres termes, le robot intelligent de demain, c’est presque un être humain ou juste un pur esprit : on est loin des premiers robots de l’ère industrielle, postés le long des chaines des constructeurs automobiles.

Désolé de vous décevoir, mais quand on regarde les robots à inventaire déployés par Walmart dans ses magasins américains, rien de sexy : juste des espèces de caisses qui ressemblent à de grosses poubelles à papier de bureau !

On se sent soudain bien loin des univers de science fiction comme celui Asimov, et même du gentil R2-D2 de Star Wars : ici seule compte l’efficacité et le coût : plus simple de développer une caisse à savon sur roulettes qu’un super mannequin !

Car le but ici, c’est bien de gagner des sous : « Les robots sont 50% plus productifs que leurs homologues humains », déclarait récemment le directeur technique du distributeur à Reuters : des rayons plus rapidement réapprovisionnés, c’est des ventes en plus.

Nos magasins et bientôt nos rues vont se peupler de boites roulantes ou volantes qui effectueront toutes les tâches basiques jusque-là réservées à des humains sans grande compétence : imaginez les Champs Elysées demain, avec ses boutiques de luxe ainsi réapprovisionnées en flux tendu : glamour ?

Deux remarques.

Tout d’abord, force est de constater, sinon un effet de mode, du moins un effet d’entrainement : il y a eu la course à la délocalisation de services supports – Ah ! la comptabilité en Pologne ou en Roumanie – sans nécessairement de réelles économies à la clef ; aujourd’hui, c’est la course à la robotisation.

On supprime des emplois … juste pour supprimer des emplois.

Ensuite, les salariés mal payés de Walmart, mais aussi de tous les distributeurs américains, mais aussi de pas mal d’autres sociétés – ceux qui sont 50% moins productifs que les robots – pas sûr qu’ils retrouvent un jour un job : indépendamment du désastre social, l’équation qui pointe son nez, c’est : plus de robots = moins de consommation … donc moins de CA pour Walmart !

Jadis Ford augmentait ses ouvriers pour le transformer en clients : aujourd’hui, c’est le chemin inverse qui semble le plus suivi.