Facebook : l’abime regarde aussi

Facebook : l’abime regarde aussi

La semaine dernière, Facebook a perdu 60 Mds de dollars de capitalisation boursière… et  redescendu au 8ème rang des capitalisations mondiales, derrière le chinois Tencent… Ca pique un peu !

On sait tous maintenant pourquoi et on ne reviendra pas ici sur l’histoire du piratage de plus de 50 millions de comptes par Cambridge Analytica.  Les médias se sont suffisamment délectés, car oui:  l’intrigue est digne d’un roman d’espionnage datant du temps de la « Guerre Froide ».

Pour massive que soit la fuite, elle n’est pourtant qu’un tout petit aperçu de ce qu’est aujourd’hui le web “monétisé”… autant dire le web tout court.

Tous les publicitaires, même les plus old-school,  le savent maintenant : ce sont les données qui font la valeur. Et sur le web, il existent bien des manières de capter ces données.

 

Facebook, un growth hacking inspiré

 

Facebook l’a compris vite, mais son coup d’éclat a été la création en février 2009 du bouton J’aime embeddable, vous savez celui que l’on voit à coté de chaque contenu sur quasiment tous les sites, et qui n’a d’autre effet que tirer un flux entre chacun des sites en question et le réseau au pouce bleu.

Oui, c’est bien de Growth Hacking érigé en stratégie d’entreprise que l’on parle….et  comme dans tout growth hacking qui se respecte, les hackés étaient au mieux inconscients, au pire complices…

Et ça a plutôt bien profité à Facebook, si l’on en croit l’inflexion de la courbe du nombre de ses utilisateurs depuis…

Facebook est ains passé du Growth Hacking « d’amorçage de la pompe » – légitime pour une startup qui n’a rien à perdre – à un Growth Hacking « d’expansion des flux » – nettement plus risqué, et qui consiste à ne plus pouvoir contrôler d’où proviennent les débordements qui l’alimentent.

 

Facebook : un scandale de plus… ou le scandale de trop ?

Facebook apparaît soudain extrêmement fragile parce que c’est tout ce qui a fait son succès – une pompe à données de socionautes – pourrait causer sa chute.

Mais, bon… Facebook n’en est pas à son 1er scandale. Pour se rafraichir la mémoire, il suffit de faire un tour sur cette page.  Et jusque-là, aucun d’eux n’a freiné longtemps sa croissance.

Mais cela offre à ses ennemis – qui sont très nombreux – une nouvelle occasion de le déstabiliser, voire même de rêver à creuser sa tombe.

Car les autorités européennes – pour n’évoquer qu’elles – n’aiment pas Facebook – et encore moins son Facebook cookie Datr .

Pour de multiples raisons, la 1ère – jamais officiellement exprimée – étant que les GAFA sont … américains, et que notre continent manque cruellement de ces nouveaux géants.

La  2nde étant que l’argent qu’ils gagnent en Europe ne profite pas beaucoup à l’Europe – exception faite de l’Irlande et du Luxembourg.

Alors la Commission Européenne – que l’on ne saurait qualifiée de repaire de gauchistes – tente par tous les moyens de limiter les dégâts … même si ces moyens demeurent très limités.

Premier contre-feu, le RGPD et autres règlements protégeant les données privées : nous n’en sommes qu’au début des escarmouches, et celà impliquera aussi les utilisateurs… Gagneront-ils en vigilance ?

Second contre-feu, la taxation sur le chiffre d’affaires en des mesures plus coercitives … mais aussi plus compliquées à mettre en œuvre : on commence à frapper au portefeuille, bien qu’encore parcimonieusement.

Le troisième contre-feu sera judiciaire : l’affaire Cambridge Analytica ouvre la boite de Pandore des « affaires » … ce que les financiers n’aiment pas.

 

Quand tu regardes l’abime, l’abime regarde aussi…

La citation de Nietzsche trouve ici un sens nouveau, car derrière les petites déconvenues de Facebook, c’est tout l’éco-système qui est concerné : GAFAs, annonceurs, medias, centrales d’achat, agences, start-ups…

Toutes vivent du maillage inimaginable qui fait voyager les données personnelles d’un site à une plateforme, et retour, pour financer un web où les contenus restent majoritairement gratuits.

Et un maillage, c”est forcément une passoire… Petite démo (ironique…) :

Le New York Times et Le New Yorker, qui furent les premiers à  dénoncer le scandale Cambridge Analytica,  utilisent évidemment des cookies : sur les 44 relevés sur le site du NYT, plus de la moitié d’entre eux sont à vocation publicitaire.

Quant au plus discret New Yorker, ce n’est pas mal, non plus (merci RedMorph pour cette édifiante datavisualisation) :

Inutile de préciser d’ailleurs que si vous cliquez sur les quelques liens dans cet article, vous vous exposerez à quelques dizaines de trackers utilisés par les sites des Echos, de l’Express, de ZD Net… 🙂

 

Et si on se posait la seule vraie question ?

Le RGPD va-t-il mettre au pas l’économie de l’internet mondialisé ? Très peu probable, quand l’Europe a un tel retard sur le web…

Facebook va-t-il mourir demain ?  Evidemment non, seules les autorités américaines pourraient vraiment le contrarier, et ce n’est pas leur intérêt se passer d’un fleuron mondial de l’économie numérique.

Les utilisateurs vont-ils bouleverser leurs usages pour mieux verrouiller leurs données ? Non… à moins qu’on leur permette d’être véritablement  parties prenantes du deal “gratuité contre datas”.

Data is money… et même le grand pubic est en passe de le comprendre.

Il ne serait donc pas illogique que la valeur des données personnelles qui sont le carburant de l’économie digitale soit partagée.

C’est la voie que le Think-Tank Génération Libre et son président Gaspard Koenig et des start-ups comme Yes Profile essaient d’éclairer.

Cette voie/voix-là est encore assez peu écoutée… mais c’est la seule capable de faire vraiment bouger les lignes, en préservant l’innovation et la création de valeur… pour tous.

C’est aussi peut-être la seule à même de sensibiliser les individus sur la valeur pas seulement économique mais aussi citoyenne et “politique” des données qu’ils produisent, et réduire ainsi les tentatives de manipulations.

On en reparlera, forcément…

 

 

GAFA : le poids de la dépendance

GAFA : le poids de la dépendance

GAFA, encore et toujours…

Le 28 était le dernier jour du mois de février, et si vous êtes passés à côté, c’était aussi la « Fête à Facebook » … précisément  la « Journée mondiale sans Facebook ».

24 heures coupé de son réseau social favori, est-ce bien raisonnable ? Déjà fin 2017, Chamath Palihapitiya, ancien VP du groupe, reconnaissait interdire à ses enfants d’utiliser Facebook tout en déclarant incidemment : « Je pense que nous avons créé des outils qui déchirent le tissu social », et en recommandant de faire « une pause » dans notre usage des médias sociaux.

Mais selon la dernière livraison de l’Année Internet 2017 par  Médiamétrie  les Français de les 15-24 ans n’en ont cure, des recommanadations de ce cher Chamath : ils passent en moyenne chaque jour  1 heure 38 sur le net contre 1 heure 26 pour la télévision…

Et comme le souligne l’institut dans son Année Internet 2017, sur cette heure 38, « 44% sont dédiés aux plateformes sociales » : pas fini de croiser au restaurant ces jeunes couples d’amoureux qui au lieu de se regarder tendrement, consultent leur timeline sans trop lever les yeux de leur Smartphone !

Il y a des seniors se souviendront avec nostalgie de ces années – en fait la fin du précédent millénaire – où les médias – enfin, presse et radio – se gaussaient de ces Français incapables de se parler pendant le diner, préférant suivre le JT vespéral à discuter en famille… D’une addiction à l’autre, rien de si nouveau sous le soleil.

Mais un chiffre de l’étude Médiamétrie frappe : 36% du temps passé online se fait sur les applications des GAFAs (oui, chez Nexize on dit toujours GAFA plutôt que GAFAM… tant pis pour Microsoft, il fallait mieux s’occuper du web et du mobile :))

Alors, les vieux fantasmes refleurissent  :

  • a-t-on créé une nouvelle génération d’addicts incapables de la moindre relation sociale IRL et ne vivant qu’à travers leur écran ? Où voit-on simplement le développement de nouveaux usages qui – comme toujours – véhiculent le meilleur comme le pire ?
  • l’hégémonie de Facebook vit-elle ses derniers jours ? Oui, le temps passé baisse, mais avec 2,13 milliards de membres, et un bond de +47%  du CA en 2017,  il reste un peu de marge.. Et pas tant de place pour les alternatives : le récent feu de paille autour de Vero n’en est qu’une énième illustration,
  • Peut-on contrer les frères ennemis Facebook/ Google ? Les initiatives antitrust sont nombreuses,  plus en tout cas que les offres alternatives développées dans nos contrées (on en parlait – pas très gentiment – dans cet article).

Bref…  On réalise – un peu tard – que la bataille du web a déjà été gagnée, et pour longtemps, par des GAFA tous américains.

Ils n’avaient pas grand-monde en face d’eux, cela dit. L’Europe et la France qui n’ont pas su prendre le train de l”innovation à la fin des années 1990 en mesurent maintenant le prix à payer  : des audiences captives, donc des marques contraintes d’investir sur des plateformes étrangères au détriment des medias bien de chez nous,  des citoyens majoritairement  peu émus du sort de leurs données personnelles, des états qui s ‘arrachent les cheveux pour limiter la casse, d’abord fiscale…

Mais on ne refait pas l’histoire … Plutôt que garder l’oeil rivé au rétroviseur, mieux vaudrait se préparer sérieusement pour la prochaine bataille qui a déjà commencé et qui bouleversera encore plus profondément nos sociétés  : celle de l’IA, qui ne restera pas longtemps au stade de gadget pour les citoyens….

On ne refait pas l’histoire, mais on peut essayer de ne pas la répéter…

Business is business, même au coin de la rue

Business is business, même au coin de la rue

La presse s’enthousiasme : « Nextdoor, l’appli pour les voisins qui veulent animer leur vie de quartier débarque en France », titre BFM Business ; « Réseau social déjà actif aux Etats-Unis, ce Facebook des voisins se lance officiellement en France », précise Le Monde.

Un réseau social de quartiers en France, c’est si nouveau ?

En 2003, naissait à Paris « Peuplade.fr », le premier site de quartier, « un site gratuit où chacun peut organiser des rencontres autour d’un verre, d’une expo ou proposer ses services », comme le soulignera France Inter. Un site né de la rencontre de 3 copains du quartier des Batignolles dans le 17ème arrondissement de la capitale, qui s’étonnaient qu’il soit plus facile de se faire des amis du bout du monde sur le Web social que … dans son propre immeuble.

A l’époque, on parait plutôt de Web 2.0, c’était un peu l’époque des happenings : alors, ils organisaient des rencontre apéritifs dans les … rames du métro, au grand désespoir des contrôleurs ; comme ils visaient plus l’animation des quartiers que des revenus sonnants et trébuchants, ils se sont rapidement attiré la bienveillance et le soutient de la Mairie de Paris.

Hélas, bien des quartiers sont restés un peu déserts sur la toile et le beau projet a peu à peu sombré dans l’oubli ; en septembre 2015, renaît un peuplade.fr, site de rencontres entre voisins, version … site de rencontres tout court : « Pourquoi donc se compliquer la vie quand on a la possibilité de trouver dans sa zone des voisins célibataires et amicaux avec qui nouer de belles relations ».

Aujourd’hui débarque donc fr.nextdoor.com en version française : « Le réseau social de votre quartier » ; que du sérieux : « Tous les membres de Nextdoor utilisent leur vrai nom et doivent vérifier leur adresse » … ce qui n’empêche pas la drague, même ce n’est pas, semble-t-il, le but premier !

Vous voulez tester le système : vous rentrez donc votre adresse, vous êtes localisés et découvrez : « Un véhicule a été cambriolé à l’adresse ***, avez-vous vu quelque chose ? » ; « Besoin d’une baby-sitter ce vendredi à l’adresse *** » ou « Je recherche un mécanicien fiable proposant des tarifs raisonnables ».

Du coup de main à la délation, on trouve vraiment de tout, ça s’annonce bien !

Précision : ne tapez pas nextdoor.fr, qui est un espace de Coworking.

Et après, pourquoi le french Nextdoor rencontrerait-il un meilleur succès que Peuplade 1ère période ?

Problème de timing : depuis 2003, le Web social s’est considérablement enrichi, tout le monde surfe sur Facebook et autres Twitter ?

Peut-être … mais pas seulement !

Les années 2000, c’était la période des utopies : on croyait qu’il suffisait d’une bonne idée – et surtout généreuse – et cela allait suffire à attirer des foules de socionautes enthousiastes. Le Peuplade 1ère période regardait d’un sale œil la publicité – tout comme ses membres, d’ailleurs. Alors éventuellement, on permettait à une marque de sponsoriser un piquenique, mais pas plus …

Nextdoor arrive avec un business model : gratuité absolue dans un 1er temps pour générer des inscription, publicité et sponsoring ensuite ; rien d’original, on sent que Google et Facebook sont passés par là.

D’ailleurs, la commissaire européenne à la concurrence, Magrethe Vestager, ne s’y est pas trompé, déclarant que pour elle, Google et Facebook constituaient des entreprises comme les autres, tirant de larges profits de la publicité, comme TF1 ou RTL : finies les utopies du Web 2.0, business is business … même pour notre vie privée.

Instagram (et les autres), ton univers impitoyable

Instagram (et les autres), ton univers impitoyable

Selon une étude anglaise réalisée par Ditch the Label, 17% des jeunes âgés de 12 à 20 ans ont été victimes de harcèlement sur les médias sociaux, soit près de 1 sur 5 ! Pas sûr que cette situation très inquiétante soit si différente en France.

Très souvent (1 fois sur 3 environs), il s’agit d’un commentaire désagréable – « nasty » – posté sur leur profil ou une de leurs photos, et gratuitement méchant : « T’es moche », « T’es gros(se) » ; mais surtout, 68% des jeunes interrogés se plaignent de recevoir des messages privés abjects.

Conséquence : 41% deviennent socialement anxieux, 37% sombrent dans la dépression … mais seulement 24% stoppent d’utiliser les médias sociaux : une forme moderne d’addiction ? En fait, tous rêvent de devenir populaire sur ces réseaux, même si l’utopie peut rapidement tourner au cauchemar.

Le plus étonnant, c’est que lorsqu’on inverse le questionnement, 69% des jeunes interrogés déclarent s’être déjà montrés grossiers ou méchants à l’égard d’autres jeunes sur les médias sociaux : en d’autres termes, il n’y a pas les bons d’un côté et les méchants de l’autre, il n’y que des jeunes qui s’agressent sans cesse les uns, les autres.

Tous s’accordent à considérer que les réseaux sociaux ne font rien pour les protéger … d’eux-mêmes, en fait ! Les photos jouent un rôle important dans ces comportements puisque un jeune sur trois reconnait s’en servir pour se moquer de leurs « amis » dans un groupe de discussion.

Ce qui explique sans doute que le réseau le plus dangereux soit Instagram : plus de la moitié (42% pour une pénétration de 78%) des jeunes inscrits se plaignent de harcèlement ; suivent de très près Facebook (37% pour une pénétration de seulement 60%) et Snapchat.

Pour les moins de 20 ans, le Web social est à l’image d’une vaste cour de récréation où chacun tente de faire des croche-pieds à ses petits camarades ; sauf que le résultat peut se révéler plus dramatique qu’un genou écorché ou un œil au beurre noir.

Et les marques dans tout ça ? Ce contexte de violence continuel ne risque-t-il pas de leur porter préjudice, surtout quand on se remémore l’adage de McLuhan selon lequel, « Le message c’est le médium » ? Même si elles peuvent se déclarer très éloigner de cette brutalité, elles ne peuvent en ressortir totalement indemnes.

Mais le risque le plus grand pour elles – dans un univers où tout le monde ne pense qu’à nuire à son prochain, ou presque – est d’être prises à leur tour … pour cibles : il semblerait bien que les médias sociaux constituent aujourd’hui pour les jeunes la meilleure école de trolling – et que les marques devraient bien s’en méfier.

Plus dure sera la chute !

Quelques jours après une introduction en bourse saluée en fanfare par toute la presse économique – et une valorisation de 25 milliards de dollars à Wall Street, excusez du peu ! – Snapchat réussit la prouesse d’annoncer une perte monumentale de 2,2 milliards de dollars pour le seul 1er trimestre 2017, excusez du peu, à nouveau !

Si l’on écarte une coquine réserve de 2 milliards pour les bonus des dirigeants suite à l’introduction en Bourse – sympa comme tout – reste une perte sèche de 200 millions pour 3 mois, face à un chiffre d’affaires de 150 ; bref des résultats en ligne avec les trimestres précédents : 170 millions de perte pour un C.A. de 166 pour la fin 2016, et des pertes trimestrielles toujours supérieures au C.A. depuis … le départ ?

Certes l’action aura dévissé de 23% à l’ouverture de Wall Street le 11 mai : mais les analystes ne pouvaient ignorer les provisions pour bonus des dirigeants, tout comme le trend hyper négatif des déficits … Alors pourquoi un tel engouement … suivi d’une telle Bérézina boursière ?

Cette histoire n’est pas sans rappeler Meerkat, la star de l’édition 2015 du prestigieux festival américain South by Southwest,  qui levait 12 millions de dollars la même année, peu avant le lancement de Periscope, le concurrent made in Twitter – et que le dit Twitter ne décide de lui couper ses API : à l’époque BFM Business se moquait franchement de ce Periscope « une pâle copie de Meerkat ».

Le Prix Nobel d’économie Daniel Kahneman oppose dans son livre Système 1 / Système 2 : Les deux vitesses de la pensée, un mode de pensée rapide, instinctif et émotionnel – le Système 1 – et un autre plus lent, plus réfléchi et plus logique – le Système 2. Manifestement, économistes et financiers semblent bien privilégier leur Système 2, s’enthousiasmer pour les plus beaux mirages avant de constater qu’ils s’estompent bien vite, comme tous les mirages !

Le problème étant que « s’enthousiasmer » signifie pour les financiers … investir beaucoup d’argent – seule justification à cette façon d’agir : si on n’y va pas vite, on se fera coiffer au poteau par nos concurrents et on ratera les vraies pépites.

Aujourd’hui la presse économique se divise en deux camps : ceux qui pensent que Snapchat est condamné à disparaître à plus ou moins brève échéance – d’ailleurs, il n’a plus de stratégie claire, il va même proposer des messages permanents, totalement en contradiction avec son ADN !

Et ceux qui soutiennent qu’avec ses 166 millions d’utilisateurs quotidiens, il est devenu totalement incontournable …

Inutile d’essayer de trancher : il y a un peu plus de dix ans, nombreux glosaient sur le succès impérial d’un Second Life et sur la nécessaire prochaine faillite d’un Facebook qui perdait tout le cash que lui apportaient ses investisseurs !

Alors, créateurs de startups, réjouissez-vous, vous avez encore de beaux jours devant vous : les investisseurs ne sont pas près de vous lâcher ; seule – petite – contrainte : ne leur laissez pas le temps de réfléchir – d’utiliser leur Système 2 –, sinon ils risquent de prendre peur.

Et rappelez-vous dans les 2,2 milliards de dollars de pertes de Snapchat, il y en a 2 pour payer les bonus de ses dirigeants – dont 800 millions pour son fondateur Evan Spiegel !