A quelques jours de la Présidentielle, force est de reconnaître que les principaux candidats ont du mal à comprendre les évolutions sociétales en cours : chacun y a va de sa petite solution, plus ou moins adaptée à une France du … 20ème siècle, pas du 21ème siècle !

Faut dire à leur décharge qu’ils ne sont pas les seuls : les économistes pour la plupart, les médias dans leur majorité, sans parler des philosophes et autres sociologues sont en retard d’une à deux révolutions, pour ne pas être trop dur à leur égard.

Pourtant c’était bien parti : en 2007, les candidats d’alors abordent le collaboratif avec enthousiasme – notamment avec Désirs d’avenir, le site lancé par Ségolène Royal en 2006 – et les médias sociaux en créant leurs iles sur … Second Life : là, ils succombent aux effets de mode et s’engouffrent dans une impasse.

Depuis, poussés par la révolte des chauffeurs de taxis face à Uber, ils se penchent sur la consommation collaborative, oubliant au passage qu’une bonne part de cette nouveau économie participe plus du solidaire non lucratif que d’un libéralisme débridé.

Avec le Web social, les citoyens sont devenus producteurs de contenus ; avec l’économie circulaire, ils se sont mués en producteurs de services ; avec les imprimantes 3D, ils vont devenir producteurs de biens : fini le cauchemar du dernier kilomètre, on vous envoie un petit bout de logiciel, vous le chargez sur votre imprimante, simple comme tout.

Passons sur le big data, et les citoyens qui demandent qu’on leur protège leur intimité ; mais le véritable enjeu en termes de sécurité pour les 50 ans à venir va se situer au niveau des objets connectés : aujourd’hui, les hackers réussissent encore à pénétrer dans le PC de monsieur « Tout le monde », malgré ses antivirus et autres pare-feux ; mais demain, il sera si aisé de se ruer à l’assaut des serveurs centraux via des montres, les volets, des voitures connectées – on a déjà constaté des attaques de ce type.

Difficile de légiférer aussi vite que notre monde bouge !

Sans oublier le tonneau des Danaïdes des retraites : on fait quoi avec le transhumanisme cher à Kurzweil et à … Google, car il faut pas oublier le cofondateur de la Singularity University, avec pour partenaire la Nasa !

Sans oublier l’intelligence artificielle et la robotique qui devrait supprimer 1 poste sur 2 dans les 20 ans à venir : certes de nouveaux métiers devraient apparaître, mais le solde devrait rester négatif … et il faudra reparler chômage après les retraites – ou avant ? « Il faudra taxer les robots » : comme ce n’est pas un communiste qui s’exprime ainsi, mais Bill Gates, on peut se demander si, toutes idéologies mises à part, ce n’est pas inéluctable.

Hier encore, Isaac Asimov était considéré comme un des auteurs de science-fiction parmi les plus visionnaires : demain, ses lois risquent de s’imposer à nous.

En 20 ans, notre monde a connu plus de révolutions qu’au cours de tout le 20ème siècle, pourtant bien secoué ; mais ne prenons surtout pas le temps de souffler, les chocs les plus violents restent à venir.

Et l’on aurait certainement bien besoin de politiques – mais aussi d’économistes, journalistes, sociologues, etc. – pour nous aider à les affronter.

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