Google Analytics : son futur et ses limites

26 mai 2022

Google Analytics à l’aube de sa révolution

Sous la pression bienveillante 😉 de la Commission Européenne et de ce cher RGPD, Google est contraint de bouger, et d’abord sur l’un de ses outils-phare : l’incontournable Google Analytics (85% de part de marché estimée sur l’analyse des audiences web).

Ainsi, fin 2023, les données entrantes des propriétés Universal Analytics (la version historique  de Google Analytics) ne seront plus traitées. En lieu et place entrera en vigueur sa nouvelle version : GA4.

Qu’est-ce que Google Analytics 4 ?

Goole Analytics 4, c’est d’abord un changement de paradigme : alors que le modèle de Universal Analytics était basé sur la session et principalement les pages vues, le modèle de données Google Analytics 4 est basé sur l’événement : entendez par là  tout comportement de l’utilisateur sur une page, un contenu, un bouton… Dans l’absolu, tout est trackable dans GA 4.

Chic alors, ça a l’air cool ! Et du coup, ça permet à Goole de nous envoyer plein de nouveaux metrics…

Google Analytics: les nouveaux metrics

En voici la liste, sans doute pas exhaustive…

L’engagement utilisateur :  la durée pendant laquelle votre page est active ou exécutée au premier plan. Cela permet de savoir quand l’utilisateur affiche directement votre site web ou votre application mobile.

Le churn probability : la probabilité qu’un utilisateur récemment actif au cours des sept derniers jours sur votre site ou application ne le soit plus dans des sept prochains jours. Peut-être que Google en profitera pour vous suggérer d’adresser cette audience par Google Ads ou par une campagne de retargeting.

Le cycle de vie :  une nouvelle section de rapport dans GA4 pour  mieux appréhender le parcours client, autour de notions d’acquisition, d’engagement, de monétisation et de fidélisation des utilisateurs.

La durée de vie de l’utilisateur :  pour analyser le comportement des utilisateurs pendant la période où ils ont été « clients » de votre site ou de votre application. Cela est utile pour afficher par exemple les utilisateurs à fort potentiel dans vos campagnes actives.

Evénements collectés automatiquement : ils sont déjà paramétrés. Parmi eux : les pages vues, la première visite, les clics vers les liens sortants, certains types de recherches sur le moteur de recherche interne, l’interaction avec des vidéos Youtube ou le téléchargement de fichiers.

Evénements recommandés : si une interaction qui vous intéresse (par ex. l’ajout au panier, le paiement ou la livraison) n’existe pas dans les événements collectés automatiquement, vous pouvez passer par les événements recommandés.

Probabilité d’achat : l’IA  de GA4 permet de recevoir des alertes lorsque certaines tendances sont découvertes. Le machine learning doit aider à faire remonter ces données. Parmi les statistiques prédictives, il existe la probabilité d’achat. Elle prédit automatiquement la possibilité que les utilisateurs de votre site ou de votre application achètent dans les sept prochains jours.

Taux d’engagement : le taux d’engagement reprend l’indicateur des sessions avec engagement. Celles-ci intègrent les sessions ayant duré au moins 10 secondes, ayant enregistré au moins un événement de conversion ou ayant comptabilisé au moins deux pages ou écrans vus. Le taux d’engagement est plus précis et plus juste que le taux de rebond. Rappelons que le rebond désigne une session qui ne déclenche qu’une seule demande au niveau du serveur analytics : avec le taux de rebond, un utilisateur ayant consulté pendant 20 minutes une page d’un site et étant sorti directement est comptabilisé avec un rebond de 100% et un temps passé sur la page de 0 seconde.

Si vous êtes gourmand d’en savoir plus, l’imbattable JDN vous en dit plus dans cet article.

Google Analytics, CNIL et RGPD

Pourquoi cette petite révolution ? Parce que Universal Analytics était un peu beaucoup dans le viseur du RGPD… et aussi parce que notre chère CNIL a sorti en Février 2022 son arme de dissuasion massive, en mettant en demeure un gestionnaire de site web – Auchan, semble-t-il, sans que ce soit officiellement confirmé – de se mettre en conformité avec les règles régissant le transfert de données. En cause donc, son utilisation de Google Analytics, dont l’anonymisation des datas est jugée insuffisante vu leur traitement aux Etats-Unis, où les autorités peuvent avoir libre accès aux données des internautes. D’autres CNILs européennes avaient par ailleurs précédé ou suivi cette démarche, pour les mêmes raisons…

Google banni du marché européen ? Du côté de Mountain View, ça ne semblait pas une bonne idée… Google a donc revu sa copie sur l’anonymisation des données. Enter Google Analytics 4, dont la technologie permet pas d’anonymiser l’adresse IP de l’internaute.

Tout va donc pour le mieux, dans le meilleur des mondes (de la privacy) possible ?

Des événements utilisateurs tracés de manière très granulaire, avec un total respect de la vie privée, le tout largement alimenté par l’IA de Google, c’est le pied, non ?

Sur le papier, oui, mais comment en tirer des informations actionnables pour la segmentation ? Parce que de mémoire,  c’est à ça que sert le web analytics.

Ah, mais Google a aussi pensé à ça avec Topics : pour chaque utilisateur, le navigateur définira des thèmes (topics) principaux associés à la somme de toutes les pages visitées dans la semaine. Google base Topics sur sa propre taxonomie pour associer un même nom de domaine à plusieurs thématiques liés (par ex. un site avec « tennis » comme nom de domaine relèverait de tennis mais également de sport et pourquoi pas life style… Au bout de 3 semaines, 15 topics seront listés, mais seuls 3 (un par semaine), sélectionnés au hasard, seront activables par les partenaires publicitaires.

Pas sûr que ça aide beaucoup les CMOs et les traffic managers européens (et français), cela dit :

« Quel est le degré de granularité ? La taxonomie est-elle suffisamment dynamique ? » Jürgen Galler, CEO et cofondateur de 1plusX, éditeur de plateformes de gestion de données (DMP). « 

Car en se basant uniquement sur les noms de domaine (et non sur les url) pour établir la corrélation avec les centres d’intérêt, Google ne se servira pas de l’apport de gros sites multi-secteurs comme Amazon ou Youtube.

Là encore, le JDN éclaire le débat.

Google, IA et dépendance

Google, le taulier indêtrôné du web mondial, injecte toujours plus d’IA et de Machine learning dans ses solutions : Google Search (91%de part de marché.. et carrément 97% sur les mobiles), Google Ads (37% de part de marché) et dorénavant Google Analytics.

Et oui, ça ressemble un peu à une blackbox à des fins concurrentielles, notamment sur le marché publicitaire, en suralimentant les éditeurs de sites et les annonceurs de données… made in Google.

Chez Nexize, on n’a jamais été très fans de la dépendance aux Gafams et même si on apprécie de se servir plutôt bien de la puissance de Google sur toutes ses solutions, on ne peut qu’inciter nos clients, et ceux qui ne le sont pas encore, à rester maîtres de leur connaissance client (oui, oui, celle qui dort un peu dans les bonnes vieilles bases de données dites first-party) et d’établir des passerelles entre cette data à la papa et l’écosystème digital.

On ne dit pas que c’est facile, on dit juste que ça devient urgent… et on y travaille. Si c’est aussi votre cas, on peut en parler 😉

En 2026, une campagne de dons de fin d’année se prépare dans un contexte plus instable : donateurs plus sélectifs, don moyen sous pression, attention captée par l’actualité et budgets médias à piloter avec plus de précision.

C’est une collecte plus sélective, plus instable et plus difficile à prévoir : moins de petits donateurs, un don moyen sous pression, une attention captée par l’actualité et des budgets médias qui doivent prouver leur contribution : les associations doivent préparer décembre autrement.

Pour sécuriser une campagne de dons de décembre, il faut protéger la base existante, capter les intentions de don utiles et ajuster les investissements à partir des résultats réels — sans remettre en cause le rôle de l’agence déjà en place.

Les risques objectifs de la collecte de dons en 2026

La générosité des Français ne s’effondre pas. Mais les chiffres montrent que le don devient un arbitrage plus fragile, notamment pour les publics les plus sensibles au pouvoir d’achat.

Le Baromètre de la solidarité 2026 d’Ipsos BVA pour Apprentis d’Auteuil fait apparaître plusieurs signaux d’alerte :

  • 47 % des Français ont effectué un don en 2025, contre 52 % en 2024 ;

  • le don annuel moyen déclaré est de 336 €, contre 364 € un an plus tôt, soit une baisse de 7,7 % ;

  • 51 % des Français déclarent avoir donné ou envisager de donner en 2026 ;

  • parmi les hauts revenus, cette proportion tombe à 78 %, soit 9 points de moins qu’en 2025 ;

  • 45 % des donateurs déclarent qu’ils réduiraient leurs dons si la situation se dégradait encore.

Ces données ne prédisent pas une baisse identique pour toutes les associations. Elles indiquent toutefois un risque très concret : une partie des donateurs peut donner moins, différer son geste ou concentrer ses dons sur un nombre réduit de causes.

En 2026, le risque principal est une polarisation de la collecte : les donateurs les plus fidèles ou les plus aisés peuvent maintenir leur soutien, tandis que les petits dons et les donateurs occasionnels deviennent plus difficiles à mobiliser.

Pourquoi la campagne de dons de fin d'année est plus exposée

La collecte de fin d’année concentre traditionnellement une part décisive des ressources annuelles. Selon les acteurs du secteur, près de 30 % à 42 % des dons annuels sont réalisés entre novembre et décembre, selon les périmètres observés. Cela fait de décembre un moment stratégique — et vulnérable.

En 2026, trois facteurs se cumulent.

1. Une inquiétude économique durable

La croissance française reste faible en 2026, tandis que l’inflation et les incertitudes sur le pouvoir d’achat continuent de peser sur les arbitrages des ménages. Les prévisions publiées en septembre situent la croissance autour de 0,4 % à 0,5 % selon les institutions, dans une économie marquée par une consommation prudente et une visibilité réduite.

Pour les donateurs, un don de 30 €, 50 € ou 100 € n’est pas seulement un geste de solidarité. Il s’inscrit dans une décision plus large : préserver son budget, anticiper une dépense imprévue ou maintenir une épargne de précaution.

2. Une attention fragmentée par l’actualité

Tensions géopolitiques, conflits internationaux, inquiétudes sociales et démarrage de la campagne présidentielle : l’espace public est saturé. Le Baromètre de la solidarité indique que 92 % des Français sont inquiets du contexte international et 90 % de l’instabilité politique en France.

Cette anxiété peut avoir deux effets contradictoires : renforcer le besoin de solidarité, mais réduire la disponibilité mentale et financière pour donner. Une campagne de collecte de dons doit donc être plus claire, plus concrète et plus crédible que dans un contexte apaisé.

3. Une concurrence accrue pour l’attention et les budgets

En novembre et décembre, les associations ne sont pas seules à solliciter l’attention : marques commerciales, médias, institutions et campagnes politiques intensifient leurs prises de parole. Les audiences publicitaires deviennent plus disputées et les coûts médias peuvent évoluer rapidement.

Un budget fixé au lancement de la campagne ne doit donc pas rester immobile jusqu’au 31 décembre. La collecte de dons en ligne exige un suivi régulier : quels canaux apportent réellement des dons ? Quels segments répondent encore ? Où le coût par don dérive-t-il ?

Les 5 risques à surveiller pendant une collecte de fin d’année

Risque Ce qui peut se produire Signal à suivre
Baisse du nombre de donateurs Les donateurs occasionnels répondent moins ou plus tard Taux de réponse, volume de dons, réactivation
Érosion du don moyen Les montants suggérés sont moins suivis, les petits dons reculent Don moyen, part des dons sous 100 € ou 150 €
Hausse du coût d’acquisition Le trafic payant coûte plus cher sans produire davantage de dons Coût par don, ROAS, taux de conversion
Fatigue de la base Trop de sollicitations génériques fragilisent la relation Désabonnements, baisse d’ouverture, baisse de clic
Dépenses par inertie Les budgets restent alloués à des canaux qui ne contribuent plus Écart entre clics, conversions et dons réellement attribués

L’enjeu n’est pas de tout mesurer. Il est de suivre quelques signaux qui permettent d’agir avant que la sous-performance ne soit irréversible.

3 scénarios pour votre campagne de collecte 2026

Une association ne devrait pas préparer décembre avec un objectif unique et rigide. Elle doit prévoir plusieurs scénarios, pour savoir quoi faire si le contexte ou les performances évoluent.

Scénario Hypothèse Réponse recommandée
Résistance La saisonnalité de décembre compense une partie du climat anxiogène Consolider les canaux performants et suivre les signaux de conversion
Prudence Les dons ponctuels et le don moyen reculent, l’acquisition devient plus coûteuse Segmenter la base, activer les publics prioritaires et réallouer les budgets chaque semaine
Choc Un événement géopolitique, social ou politique monopolise brutalement l’attention Réduire les dépenses peu contributives, privilégier les publics engagés et les canaux intentionnistes

Le scénario de prudence est aujourd’hui le plus utile pour planifier une campagne de dons de fin d’année. Il évite à la fois l’alarmisme et l’optimisme par défaut.

Comment sécuriser une campagne de dons de fin d’année ?

Pour une association, sécuriser une collecte ne signifie pas envoyer plus d’emails ou augmenter mécaniquement le budget média. Il s’agit de prendre de meilleures décisions, au bon moment.

Segmenter et fidéliser les donateurs

La même campagne ne doit pas être adressée avec la même pression à tous les contacts. Un donateur régulier, un donateur récent, un ancien donateur, un sympathisant engagé ou une personne inactive depuis plusieurs années n’ont pas la même relation à la cause.

Une segmentation utile permet de :

  • protéger les donateurs fidèles avant de les solliciter à nouveau ;

  • identifier les profils à réactiver ;

  • adapter la demande et le rythme de contact ;

  • repérer les donateurs ayant un potentiel de montée en valeur ;

  • préparer la fidélisation après le 31 décembre.

C’est l’objet de nex:donors : donner à l’association une lecture opérationnelle de sa base afin de mieux mobiliser, fidéliser et développer les donateurs existants.

Activer Google Ad Grants et l’intention de don

Lorsque l’attention payante est plus disputée, le moteur de recherche reste un levier stratégique. Une personne qui cherche comment aider, donner ou soutenir une cause manifeste déjà une intention forte.

Google Ad Grants peut permettre aux associations éligibles de développer cette acquisition intentionniste. Mais un compte Grants ne crée pas des dons par lui-même : il doit être structuré autour de requêtes utiles, de campagnes cohérentes, d’annonces adaptées et d’un suivi de la contribution réelle à la collecte.

nex:grants aide les associations à évaluer leur potentiel Google Ad Grants, identifier les opportunités de visibilité et concentrer leur effort sur les recherches qui peuvent soutenir la collecte.

Réallouer les budgets selon les résultats réels

En période d’incertitude, une répartition média fixée en début de campagne devient vite un risque. L’association et son agence doivent pouvoir ajuster la pression et les investissements à partir de résultats réels, et non de simples volumes de clics ou d’impressions.

Les questions à se poser chaque semaine sont simples :

  • Quel canal produit des dons, et pas seulement du trafic ?

  • Quelles audiences conservent un coût par don soutenable ?

  • Quels messages et séquences continuent de mobiliser ?

  • Où renforcer l’effort ?

  • Où ralentir avant de dépenser par inertie ?

nex:ads centralise la lecture des campagnes et fait remonter les optimisations prioritaires pour améliorer la contribution réelle des investissements à la collecte.

Pour sécuriser une campagne de dons de décembre, une association doit segmenter sa base, activer l’acquisition intentionniste et réallouer son budget média selon les résultats réels.

Un outil de résilience pour la collecte de dons

Nexize ne vient pas remplacer votre équipe collecte, votre agence créative, votre prestataire CRM ou votre agence média. nex:shield ajoute une couche de lecture et de décision à votre dispositif existant.

Elle réunit trois leviers complémentaires :

  • nex:donors pour analyser la base, segmenter les donateurs et préparer les actions de fidélisation, de réactivation ou d’upgrade ;

  • nex:grants pour activer le potentiel Google Ad Grants et benchmarker la visibilité Search ;

  • nex:ads pour lire les performances, détecter les dérives et recommander des réallocations budgétaires.

L’accompagnement reste humain. Un expert Nexize suit la campagne, explique les signaux utiles, formule les recommandations et facilite les arbitrages avec l’association et ses partenaires. Les outils accélèrent l’analyse ; ils ne prennent pas les décisions à votre place.

Simulez le risque de votre collecte de fin d’année

Avant de verrouiller votre campagne de collecte, évaluez votre exposition. En 4 repères simples — collecte précédente, don moyen, profil des donateurs et budget média — notre simulateur permet d’obtenir :

  • une fourchette prudente de collecte de fin d’année ;

  • une estimation du montant potentiellement exposé ;

  • le levier à traiter en priorité : fidélisation, Google Ad Grants ou allocation média.

Votre campagne de dons est-elle prête à tenir dans la vraie fin d’année 2026 ?

[Évaluer l’exposition de ma collecte]

Sources et méthode

Les données de contexte citées dans cet article proviennent notamment du Baromètre de la solidarité 2026, enquête Ipsos BVA pour Apprentis d’Auteuil, des prévisions de conjoncture de l’Insee publiées en septembre 2026 et des projections actualisées du Gouvernement français. Les scénarios proposés constituent une méthode de planification : ils ne représentent ni une promesse de résultats ni une prévision individuelle de collecte.

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